PROULX Annie, Brokeback Mountain

Résumé :

Brokeback Mountain : un bout de terre sauvage, hors du temps, dans les plaines du Wyoming. Ennis del Mar et jack Twist, cow-boys, nomades du désert américain, saisonniers des ranchs, n’ont pas vingt ans. Ils se croisent le temps d’un été. La rencontre est fulgurante.

Mon avis :

Très clairement, sans le film de 2005, je n’aurais jamais eu envie de lire ce texte. Je pense en fait que je n’en aurais même pas eu connaissance. C’est par un mélange de « fanitude » et de curiosité que j’ai fini par acquérir cette courte nouvelle (tout juste une cinquantaine de demi-pages), et sitôt reçue, sitôt entamée.

Au final, si je ne peux pas dire que j’ai été déçue par cette lecture, je n’ai pas non plus ressenti de coup de coeur. En fait, j’ai même abandonné mon livre en plein milieu, pour n’y revenir que le lendemain.

Le début m’a paru totalement dénué d’émotion, je n’arrivais pas à me ré-attacher aux personnages. Et c’est vraiment parce que les superbes images du film me revenaient en tête au fil des lignes que je n’ai pas totalement décroché.

Il faut dire aussi que cette langue très orale, au vocaulaire et à la syntaxe malmenés m’a un peu déstabilisée. C’est par moment à vous faire douter de votre maîtrise de l’anglais ! Heureusement, on finit par prendre le coup et alors, un certain rythme pas désagréable du tout s’instaure. Si vous débutez en anglais, ne vous avisez juste pas de vouloir découvrir ce texte en VO, malgré l’attrait de sa brièveté !

Le lendemain, en revanche, lorsque j’ai repris ma lecture, j’étais impatiente de retrouver les personnages, et cette seconde partie m’a beaucoup plus touchée. En fait c’était horrible, par ce que je savais ce qui allait se passer, et il ne restait vraiment pas beaucoup de pages, et j’avançais en ne cessant de me demander quand « cela » allait arriver. Et cela arrive plutôt brusquement, comme dans toute bonne nouvelle qui se respecte. Et bien évidement, j’ai versé une ou deux larmes. Ca n’a pas été l’effusion que provoque chez moi, le film à chaque visionnage mais quand même.

C’est partie est vraiment beaucoup plus touchante que la précédente parce que les ellipses sont habilement choisies et placées et qu’au fil de ses brefs épisodes, on finit quand même par connaitre de mieux en mieux les personnages et s’attacher à eux, que la nature de lur relation se dévoile peu à peu.

Toute la force de cette histoire réside dans sa  simplicité et sa brutalité aussi bien présentes dans l’écriture que dans l’intrigue, dans le fait que Ennis et Jack sont deux vrais mâles, pas gays pour deux sous, peu bavards, qui agissent comme leur condition de cow-boy le leur dicte, quitte à devoir faire de gros sacrifices pour cela et pourtant s’aiment d’un amour dévastateur et fulgurant qu’ils ne réalisent pas tout de suite et qu’ils auront bien du mal à exprimer, mais qui résiste à leurs maigres rencontres au fil du temps. Franchement, Brokeback Mountain c’est tout sauf un drame à l’eau de rose comme le laisse entendre le bout de résumé que j’ai ici coupé tant il est niais et spoilant! Et c’est ce qui rend ce récit si bouleversant.

Bref, si le coup de cœur n’a pas été là, j’ai quand même beaucoup aimé de pouvoir retrouver brièvement Jack et Ennis. Il faudra que je vous parle du film désormais.

D’autres avis:Mel, Alexiel, Loesha.

Molière, Les précieuses ridicules

Résumé :

Deux provinciales, la tête farcie de romans, débarquent à Paris en quête de princes charmants et de succès mondains. Méprisant deux honnêtes prétendants qui leur parlaient mariage, elles succombent au charme tapageur de deux galants enrubannés qui leur promettent amour et gloire…

Mon avis :

J’aime beaucoup cette courte pièce en un acte. Je l’ai lu et vu jouée de nombreuses fois, mais elle me fait toujours autant rire ; elle fait vraiment partie de mon Panthéon des comédies Molieresques. Et comme elle était dans la liste des lectures aux choix pour mon cours de Culture française du XIIème et XVIIIème siècle, c’est avec plaisir que je l’ai relue, une fois de plus, entamant pour l’occasion, le challenge Molière de Sharon.

Le schéma de cette pièce est assez original, du moins par rapport à ce que l’on attend généralement d’une pièce de Molière. Pour une fois, point de mariage et l’on ne prend pas en pitié ces deux jeunes filles que leur père et oncle souhaite à tout prix marier. Elles sont tellement insupportables pour leur entourage que c’est vers ce dernier que va notre sympathie et l’on est bien heureux de les voir finalement tournées en ridicule. Et puis malgré leur langage si particulier, elles sont terriblement vivantes et actuelles. C’est une pièce que l’on aurait aucun mal à réecrire de nos jours !

Et si les coups de bâtons ne  manquent pas et me font toujours autant rire (c’est certes battu et rebattu, mais toujours aussi efficace), j’aime ici tout particulièrement voir Molière se moquer du langage précieux et je pouffe à chaque réplique de nos deux demoiselles. Juste pour l’exemple, au début de la pièce :

MAROTTE : Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis, et dit que son maître vous veut venir voir.

MAGDELON : Apprenez, sotte, à vous énoncer moins vulgairement. Dites : « Voilà un nécessaire qui demande si vous êtes en commodité d’être visibles. »

Et juste pour le plaisir, l’impromptu du « Marquis » de Mascarille :

Oh! oh! je n’y prenois pas garde

Tandis que, sans songer à moi, je vous regarde,

Votre oeil en tapinois me dérobe mon coeur.

Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur.

Quelle jeune fille ne succomberait pas à tant de talent ?^^

Et juste quelques répliques plus loin :

CATHOS : Vous avez appris la musique?

MASCARILLE : Moi? Point du tout.

CATHOS : Et comment donc cela se peut-il?

MASCARILLE : Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris.

Bref, une relecture très rapide mais qui m’a tout autant amusée que les fois précédentes. J’en redemande :D Mon billet est super court, mais c’est drôle et il faut lire Les précieuses et puis c’est tout !

D’autres avis : The Bursar,Hivernale, Nymi.

1/6

Mes découvertes de la semaine #11

Comme promis, la semaine dernière, voici un article un peu plus consistant que le précédent. Avant de commencer, je voulais juste vous remercier pour tous vos petits mots d’encouragement et de bonne chance. La nouvelle est tombée en milieu de semaine : l’équivalence m’a été accordée ! Je rentre donc “définitivement” ( quoique me connaissant, ce ne sera sans doute pas sii définitif que cela) en France à la fin de l’été. Je suis ravie d’autant plus que j’ai trouvé un super projet de master. Les quelques mois à venir risquent de passer très vite et e commence déjà à organiser mon “déménagement”…affaire qui devient vite problématique quand on est amoureux des livres…Je pense que vous visulaiserez sans soucis ma situation ^^ Bref, encore merci pour tous vos petis mots et place aux liens de la semaine.

Tout d’abord, Meli a publié, il y a quelques jours, le 2ème numéro de son rendez-vous Le Quinze Littéraire ! Quelle agréable surprise quand j’ai découvert que l’auteur invité était Anne Denier pour Côté Face ! C’est un roman que j’ai adoré (vous pouvez (re)lire mon avis ici), et que j’aimerai vraiment voir découvrir par le plus grand nombre ! Meli a préparé un superbe article, avec des extraits des T1 & 2, une interview de l’auteur… Et puis, à la fin, il y a un petit concours qui vous permettra peut-être de gagner un exemplaire du roman. Sincèrement, foncez lire tout cela ! Vous ne le regretterez pas, et moi cela me ferait très plaisir !

Si, en revanche, vous avez déjà lu et adoré (cela va de soi !) Côté Face, sachez que la prévente de Noces de Lune, le tome 2 a été lancée, cette semaine également. En réservant votre ouvrage, vous donnez un petit coup de pouce à l’auteur et vous recevrez ce deuxième volet de la vie de Côme, en avant-première et agrémenté d’une dédicace ! Bref, il n’ y a pas lieu d’hésiter ! Pour plus d’information, vous pouvez envoyer un mail à l’adresse suivante : coteface_concours[AT]yahoo.fr, ou bien contacter Anne Denier via son profil Facebook, ou la page de sa saga. Rohhh, comme j’ai hâte ! Vous pouvez aussi en profiter pour commander les deux tômes d’un coup !

Côté nouvelles sherlokiennes, n’oubliez pas qu’à partir de soir, la S1 de la série produite par la BBC, Sherlock est diffusée sur France4. La S2 suivra dans la foulée. Un épisode par semaine donc, le samedi soir à 20h35. Profitez-en bien ! J’en profite pour vous signaler un site fort sympathique : Sherlockology, essentiellement consacré à la S1 pour l’instant, qui recense tout un tas d’informations sur les accessoires utilisés dans la série, et indique où se procurer les mêmes / comment les fabriquer soi-même, pour certains. Il y a aussi le script de l’un des épisodes, une banque de fonds d’écrans et des sonneries à télécharger gratuitement pour son portable… Bref tout un tas de ressources pas forcément ‘utiles’ mais assez amusantes à parcourir.

Enfin, j’ai également découvert une information intéressante au détour d’une page du site du quotidien gratuit 20minutes. Le sénat a pris la décision de numériser toutes les oeuvres littéraires du XXème siècle qui ne sont plus éditées et donc introuvables ou presque. Le but est de constituer ainsi une banque de donnée. On n’en sait pas beaucoup plus pour l’instant, en particulier dans quelles conditions il sera possible d’accéder à ces textes, mais je trouve que c’est un projet qui mérite d’être suivi de près !

HOROWITZ Anthony, L’ennemi public n°2

Résumé :

Après avoir partagé la cellule de l’ennemi public n°1, la vie du jeune Nick Diamant bascule. Une fois sorti de prison, il devient à son tour l’ennemi public n°2 et il est successivement menace, pourchassé, frappé, ligoté sur des rails, à moitié noyé. Quel enfer !

Mon avis :

J’ai lu et relu un nombre incalculable de fois le premier volume de cette série, découverte par hasard un été. Grace à Meli, j’ai enfin pu me plonger dans le tome 2. Alors qu’en ai-je pensé ? Aussi conquise qu’avec le tome 1 ? Eh bien je dois dire que si j’ai passé un très bon moment avec ce volume, il m’a quand même globalement un peu laissée sur ma faim…Voyons cela en détails.

En fait, le truc qui m’a chagrinée dans ce volume, c’est qu’il n’ y a pas vraiment d’enquête à proprement parler. Bien sûr, Nick se voit confier une affaire par la police, mais on ne le voit pas vraiment essayer de la résoudre. Il subit tout une série de péripéties toutes plus drôles les unes que les autres, parfois provoquées par son crétin de grand frère, et finit par remplir la mission qu’on lui avait confié, à savoir découvrir la véritable identité de Fence, grand criminel international. Mais il n’ y a pas vraiment de progression, la résolution tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Je n’avais rien vu venir du tout, ce qui est assez sympa en fait, et vraiment très drôle mais je ne peux dire pourquoi sans risquer de vous spoiler (sachez juste que visiblement depuis la Guerre de Cent Ans, la perfide Albion a gardé une certaine rancoeur… et moi j’adore cette gueguerre permanente) . Le seul problème est que Fence vraiment, est identifié presque par hasard au termes de péripéties assez décousues.

Mis à part cela, j’ai quand même adoré retrouvé les deux frères, leurs aventures sont toujours hilarantes, entre Tim qui est totalement idiot et Nick qui a le chic pour se fourrer dans des pétrins pas possible (non mais sérieusement ce héros est le plus malchancex de toute la Terre !). Le rythme est tout aussi soutenu que dans le tome précédent et Nick n’a rien perdu de son excellente répartie. Je suis fan de ce gamin !

J’ai aimé aussi retrouver cette espèce de parodie à la fois des James Bond et de Sherlock Holmes, même si c’est moins marqué que dans le précedent volume. Horowitz n’hésite pas à accumuler les clichés éculés pour produire des scènes d’un grotesque jouissif. Il ne se prend pas du tout au sérieux, et c’est génial. Cela crée une ambiance so british poussée jusqu’à la caricature. J’adore !

Bref, pas un coup de cœur comme avec le premier tome, mais honnêtement j’ai quand même bien rigolé. Il faudra que je lise la suite et que je découvre les autres titres de Anthony Horowitz parce que j’adore l’état d’esprit de cet auteur et son emploi permanent du 25ème degré, d’autant plus que s’il ne s’agit ici que d’allusions, il a publié un véritable pastiche holmésien : La maison de soie. Affaire à suivre, donc…

ROBILLARD Anne, Les Chevaliers d’Emeraude 1 : Le feu dans le ciel

Résumé :

L’Empereur Noir, Amecareth, a levé ses armées monstrueuses pour envahir les royaumes du continent d’Enkidiev. Bientôt, la terre de Shola subit les attaques féroces des sinistres dragons et des impitoyables hommes-insectes. Pourquoi les troupes d’Amecareth reviennent-elles sur le continent après des siècles de paix, mettant à feu et à sang le royaume glacé de Shola ? Les sept Chevaliers d’Émeraude – six hommes et une femme – sont les seuls à pouvoir percer ce mystère, inverser le destin et repousser les forces du Mal. Ils devront pour cela accomplir l’étrange prophétie qui lie Kira, une petite fille de deux ans, au sort du monde.

Mon avis :

Cela fait plusieurs années que j’entendais parler de cette série et que j’avais envie de la découvrir, alors quand Camille nous l’a proposé en SP à l’occasion du lancement du format poche de chez Michel Lafon, je n’ai pas hésité un instant.

Bilan, si tout avait plutôt bien commencé, je suis au final assez déçue par cette découverte…Je vais essayer de vous expliquer tout cela.

Tout était pourtant, plutôt bien parti donc. L’univers et l’intrigue sont assez simplistes (un groupe de gentils partant se battre contre un grand méchant mais c’est de la fantasy après tout), mais bon je n’en demandais pas forcément d’avantage pour un ouvrage jeunesse, qui plus est quand il s’agit du premier tome d’une saga. Je savais dès le début que ces livres sont destinés à un jeune public, et du coup j’attendais un truc pas forcément très crédible, mais qui bouge un minimum. Hors, là…

Le problème est que l’on tourne très vite en rond. Il ne se passe strictement rien de concret et qui occupe plus d’un quart de page dans ce premier volume. On se contente de découvrir l’univers crée par l’auteur.  Et à la limite ça aurait pu passer, si cela avait été présenté différemment. Mais le problème c’est que le schéma narratif est super répétitif. Les chapitres se suivent et se ressemblent…trop. Chaque personnage puis chaque royaume nous sont présentés selon un même modèle. Du coup, cela prend énormément de place et ne permet pas de réellement travailler le fond…Plein de données sont lancées sans qu’elle ne soient creusées. Les personnages se résument à une caractéristique unique, qui dirige toutes leurs actions, ils n’ont pas de réelle consistance.

Bref, je me suis fermement ennuyée :S jusqu’à ce que mon intérêt se réveille tout à coup, à l’approche du dénouement, qui, j’espérais, allait redynamiser tout ça, et enfin réellement lancer l’action. Hors la chose est bouclée hyper rapidement. C’est d’un frustrant !

Je réalise en rédigeant ce billet, que j’ai peut-être, tout simplement, lu ce roman, trop peu de temps après le si complexe et travaillé, Druide. Même s’il n’ y a pas vraiment lieu de procéder à une comparaison, peut-être que celle-ci s’est faite inconsciemment dans mon esprit…

Mais trève de râlage, car pour être tout à fait honnête, je dois avouer qu’il y a quand même un ou deux trucs qui m’ont plutôt bien plus dans cette histoire.

La langue, déjà. Elle est certes relativement basique, mais surtout très fluide, plaisante à suivre et c’est franchement ce qui m’a permis de ne pas abandonner mon bouquin. Il n’ y a pourtant rien de particulièrement remarquable, mais j’aime bien comment Anne Robillard raconte les choses. C’est très jeunesse mais c’est justement un des éléments pour lesquels, cet aspect « enfantin » ne m’a pas dérangée, au contraire. J’ai aussi aimé certains choix de mots un peu désuets / peu courants, comme les personnages qui mangent du gruau, par exemple. Je ne saurais pas bien dire pourquoi, mais cela m’a plu. J’ai trouvé ça « charmant ». Ca ne m’aurait pas forcément marquée dans un autre contexte, mais là c’est vraiment l’élement auquel je me suis raccrochée.

Et puis, il y a quand même un personnage qui est plus travaillé que les autres : Wellan, et si on ne peut pas dire qu’il m’ait touchée, il m’a au moins intéressée. Fier et impulsif, il est carrément imbuvable, mais au moins, il a « quelque chose », il fait réagir le lecteur.

Enfin, juste un mot sur ce format poche, que je vous annonçais il y a quelques semaines. C’est pour le coup, une vraie réussite, parce que pour un prix très attractif, on a un livre au format agréable à prendre en main et qui conserver la couverture du grand format. Donc, c’est tout bon de ce côté là !

Bref, vous l’avez compris, je n’ai pas vraiment apprécié ce premier tome, et je me sentais un peu seule dans ce cas, jusqu’aux vagues commentaires échangés à demi-mots avec Matilda… Au final, je me dis que je dois être un peu maso, parce que malgré tous ces points négatifs relevés, je dois dire que je suis malgré tout assez curieuse de lire la suite. Autant Kira ne m’a pas touchée (mais j’aime pas les gamins en général), autant j’ai bien envie de découvrir son rôle réel dans toute cette histoire…Bref, je ne sais pas bien ce que je ferais de cette nouvelle série entamée…Bah, je verrais bien d’ici quelques temps, ce qu’il me restera de cette lecture…

D’autres avis : Melisende, Niënor, Horror, Paikanne, Matilda.

Merci à Camille des éditions

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