BBC, Sherlock 2010 (saison 1)

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Pour une fois, je ne vous parlerai pas de livres, mais d’une série télévisée jubilatoire de la BBC (décidément, j’aime beaucoup ses productions!). J’ai nommé Sherlock, dont la première saison vient d’être diffusée en France.  Si vous cherchez mon article sur la saison 2, il se trouve à cette adresse.

J’avoue que quand Matilda nous l’a présentée, j’étais très curieuse, mais également assez méfiante. J’avais des idées très nettes et arrêtées sur l’apparence des personnages, leurs voix, leur comportement… que je craignais un peu d’être déçue, et pour cela je n’avais encore jamais regardé la moindre adaptation des aventures de Sherlock Holmes. Mais là, je dois avouer que j’ai été totalement charmée, et j’en redemande !

Les créateurs de la série ont réussi à transposer l’univers imaginé par Conan Doyle à notre époque, sans le dénaturer, et tout en conservant de délicieuses évocations du Canon, que ce soit dans les situations ou dans les dialogues. En fait, ce qui est génial, c’est que bien que les intrigues se situent en plein 21ème siècle, certaines scènes ont un petit gout « désuet », XIXème. J’adore !

Du côté des personnages, Sherlock est particulièrement bien campé, génialement brillant, mais aussi odieux et un peu illuminé. J’adore les scènes au labo, ou lorsqu’on le voit en pleine réflexion. Et puis son addiction à la drogue est traitée d’une façon originale et amusante, même si elle est un peu effacée. Je suis totalement conquise par le choix de Benedict Cumberbatch pour ce rôle (les mauvaise langues diront par l’acteur tout court, et n’auront pas forcément entièrement tort ^^, rahhh ce regard et ces bouclettes…)

Quant à Watson, il n’est pas en reste, et contrairement à ce que je craignais, n’est pas présenté comme le dernier des abrutis, suivant Sherlock comme un toutou. Il a une personnalité développée, qui colle bien au canon, et s’il admire les talents de Sherlock, il  a quand même un caractère bien marqué et n’hésite pas à envoyer bouler ce dernier quand il va trop loin. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la progression de leur relation. Ca n’est pas trop rapide, les personnages prennent le temps d’apprendre à se supporter.

Enfin, le duo marche vraiment bien, on sent une vraie osmose entre entre les acteurs et cela ressort bien à l’écran. On les sent s’amuser, et leur plaisir à jouer déteint sur les spectateurs. Les deux personnages s’équilibrent parfaitement, malgré ou plutôt grâce à leurs différences.

Lestrade (Rupert Graves) aussi m’a beaucoup plu, quoique là, il me semble assez éloigné de mes souvenirs de lecture. Il semble finalement bien apprécier Sherlock et se faire du souci pour lui.

A Study in Pink (Paul McGuigan)

Course dans les rues de Londres

Le seul épisode de la saison à réellement réinterpréter un seul texte du canon. C’est donc, au delà de l’intrigue merveilleusement recréée, l’épisode de la rencontre entre Holmes et Watson. J’étais ravie de découvrir que ma scène préférée (celle ou Sherlock bat un cadavre pour voir s’il arrive à produire des hématomes), bien que totalement “scandaleuse” a été conservée. Et puis, c’est aussi là que l’on voit pour la première fois Sherlock à l’oeuvre et j’avoue toujours être touchée à la (re)découverte de ces premières déductions. J’aime son cabotinage et la réaction de John.

John qui devient un personnage très touchant de par son passé, cela m’a d’ailleurs plus marqué ici que lorsque je lis le Canon, peut-être parce que l’évocation de l’ Afghanistan est plus évocatrice, plus palpable pour un public actuel. Martin Freeman donne vraiment beaucoup de profondeur à son personnage et n’en fait pas un simple figurant aux côtés de Sherlock.

J’ai également adoré détester Anderson (Jonathan Aris) :D Mais surtout j’ai aimé le fait que les créateurs connaissent le Canon dans ses moindres détails (comme la blessure de John qui se “déplace”) et n’hésitent pas à s’amuser avec, je pense en particulier à l’interprétation de ce curieux message laissé par la victime : r a c h e. Tout en montrant beaucoup de respect, ils arrivent à s’en détacher et à jouer avec. C’est un épisode très drôle qui montre que l’oeuvre de Doyle n’est pas du tout un vieux truc figé et ennuyeux.

Mais il y a quand même aussi pas mal de tension, surtout à la fin, et puis  un autre truc que j’ai bien aimé c’est que même si on est souvent largué face à l’esprit brillant de Sherlock tout est bien expliqué, l’intrigue n’est pas trop complexe ou abracadabrantesque. Il n’ y a pas surenchère dans le spectaculaire et le morbide comme on peut le voir dans d’autres séries qui sont en concurrence permanente entre elles.

The Blind Banker (Euros Lyn)

De la patine recouvrant les théières et de sa signification...

Si j’ai aimé cet épisode, je dois avouer qu’au premier visionnage, il m’a tout de même beaucoup moins marqué que le précédent, un poil moins plu peut-être aussi, étant donné que je ne pouvais le rattacher directement à aucun texte du Canon, n’ayant pour l’instant lu ni La vallée de la peur, ni Les hommes dansants dont il serait visiblement inspiré.

Un peu plus d’un an plus tard, s’il est loin d’être mon épisode préféré, il me plait déjà beaucoup plus puisqu’il me fait personnellement penser aux Cinq pépins d’orange. On retrouve en effet l’organisation mystérieuse, les messages de menace, l’origami de lotus qui pourrait représenter les fameux pépins…Et puis, Sherlock n’arrive pas à protéger Soo Lin Yao et ça n’est pas lui qui met fin aux agissements du chef de la bande…

Je n’ai pas énormément de choses à dire sur cet épisode…Il est pourtant drôle et plutôt bien goupillé, Holmes y est parfois même touchant quand on découvre la solitude dans laquelle il est enfermé, mais il lui manque cette identité commune à tous les autres, ce petit truc en plus qui aurait pu en faire un excellent épisode. Cela dit, quand j’aurais lu les deux nouvelles évoquées ci-dessus, je changerai peut-être d’avis…
Bonus : si vous voulez apprendre à fabriquer ce fameux lotus en origami, un tuto est disponible sur ce site (absolument génial dans son ensemble, au passage). 

The Great Game (Paul McGuigan)

Et un violon torturé, un !

Si je voyais personnellement une allusion aux Cinq pépins d’orange dans l’épisode précédent, elle est ici évidente. En effet, Sherlock lui-même nous rappelle la signification et l’origine d’un tel avertissement lorsqu’il reçoit un message composé de cinq bips. Quelques allusions également à Une étude en rouge, Un scandale en Bohême et au Dernier problème. Il serait également question du Traité naval et des Plans du Bruce-Padington, mis, une fois de plus, je ne connais pas ces deux textes.

J’ai  bien aimé la forme de cet épisode, avec les cinq “petites” affaires à résoudre. Cela sonne un peu comme une allusion au fait que la plupart des aventures holmésiennes sont des nouvelles. En tous cas, c’est comme ça que je le vois. 

Mais surtout, après le léger ‘flottement’ de Blind Baker, on découvre un épisode où la tension est bien présente et ce dès les premières minutes. Moriarty (Andrew Scott) qui était jusqu’ à présent une menace invisible et anonyme entre enfin réellement dans la partie. A ce sujet, j’ai d’ailleurs trouvé l’épisode encore plus stressant lors du second visionnage que lors du précédent, parce que sans vouloir trop en dire, on a désormais très tôt conscience de sa présence. On sait qui il est, où et quand il agit. On le voit tisser sa toile autour de nous sans pouvoir rien faire, c’est limite oppressant, l’ignorance est presque préférable. Et puis alors ce cliffhanger de malade à la fin ! Même en connaissant la suite, je me suis retrouvée à en oublier de respirer durant pratiquement toute la scène de la piscine. Une scène absolument parfaite, angoissante, où l’on commence à découvrir toute la folie de Moriarty, mais aussi touchante, qui permet de vraiment voir le chemin parcouru par Holmes et Watson et combien on s’est attaché à eux au terme de cette saison.

Bref, une série bourrée d’humour, fidèle au canon, servie par d’excellents acteurs et à laquelle je suis devenue accro en trois petits épisodes !  J’aime, j’aime, j’aime et j’ai encore plus envie d’ aller vivre en Angleterre ! J’aime l’image que cette série donne de Londres. Si vous souhaitez acheter les DVDs, je vous conseille la version originale, qui comporte entre autres le pilote dans les bonus, contrairement à la VF.

PS: il s’agit donc de la deuxième mouture de cet article, après avoir revu cette première saison. Quelques modifications surviendront peut-être lorsque j’aurais découvert les nouvelles évoquées…

D’autres avis : Matilda, Marion, Fashion.

Le site officiel

La S2 

Le pilote

L’acheter sur Amazon en VO

L’acheter sur Amazon en VF

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Publié le 15 janvier 2011, dans à l'écran, en VO, SSHD et tagué , . Ajouter aux Favoris le permalien. 5 Commentaires.

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