MAPLE William R, Dead Men Do Tell Tales

Quatrième de couverture :

Maples’ first exposure to his career came as a freshman in college when a class he wanted was full and his adviser then suggested he take the survey course on anthropology. Maples was fortunate, as will be any reader with a strong stomach who picks up his book.

“When he’s not shattering myths about maggots, Dr. Maples is delightfully unraveling true murder mysteries, ancient and modern.  He’s not just another clever forensic detective — he’s a poet, a philosopher, and a sly commentator on the fractured human condition, pre-and post-mortem.”

“Whether Maples’ subjects are famous or anonymous, it is how he tells their stories that makes this book so fascinating and — in its fashion — delightful.”

“William R. Maples and Michael Browning could’ve written a dry clinical analysis of forensic anthropology; instead they tell tales better than the dead could for themselves.”

Mon avis :

Waaaah ! Un ouvrage dense, ardu, souvent creepy ( en même temps, lorsque l’on ouvre ce livre, on sait ce que l’on cherche) mais passionnant. J’ai toujours été fascinée par la médecine légale et plus récemment par l’anthropologie biologique. N’ayant pas fait S, je me suis « rabattue » (quoique le terme ne convienne pas vraiment vu que j’adore ça et que c’était également un rêve de gosse!) sur l’archéologie, en espérant un jour pouvoir aborder ces domaines par un chemin détourné. C’est donc par curiosité (et parce qu’ il m’arrive d’être un peu geek sur les bords, lisant des ouvrages scientifiques pour mon plaisir) que j’ai eu envie de découvrir cet ouvrage, comme transition entre mon cours d’archéozoologie du premier semestre (avec un superbe HS lors du partiel de ce matin -_- ), et celui d’anthropologie biologique, qui m’attend au second.

Il existe un grand nombre d’ouvrages sur ce domaine, mais si j’a flashé sur celui-ci, c’est en partie à cause de son titre, détournant le célèbre proverbe anglais; j’ai aimé le trait d’humour, et le rappel d’un épisode de NCIS (voyez en quoi consiste ma culture…). Et puis, c’est un ouvrage d’introduction relativement court et grand public; bref, idéal pour débuter.

J’ai tout de suite accroché au récit de William Maples, tout en simplicité précise et en délicatesse. Très pédagogue, il emploie des mots exacts, prenant toujours le temps d’expliquer ou de donner un synonyme lorsqu’il emploie des termes trop techniques. Ce qui fait que l’on apprend énormément de choses sur la composition du corps, son processus de dégradation après la mort, les éléments et événements que le squelette garde en mémoire, sans que cela ne soit vraiment pesant. Il y va lentement, de façon progressive, sans accumulation. Chaque nouvelle donnée enseignée est englobée dans le récit d’un cas ou d’un souvenir particuliers. Cet homme est un puits de connaissances, amoureux de littérature (nous gratifiant de nombreuses citations) et absolument maitre dans son domaine, passionné ! Et puis c’est un narrateur hors pairs : lorsqu’il nous relate un cas (que l’affaire soit célèbre ou non), il nous captive aussitôt et on a presque l’impression de l’entendre nous parler. J’aurais pu continuer à l’ « écouter » pendant des heures !  On s’attache vraiment à lui, au fil des pages ; il se livre beaucoup dans son récit et j’étais toute tristounette de le quitter en refermant son livre.

Les chapitres sont très structurés et bien ordonnés, faisant bien la différence entre la tâche du légiste et celle de l’anthropologue, et traitant à chaque fois d’un problème en particulier (démembrement, crémation, énigmes historiques, suicide…), tout en suivant la vie de l’auteur depuis ses débuts, comme étudiant. Chaque thème est illustré au moyen d’exemples concrets, rencontrés par l’auteur au cours de sa carrière. Il a eu une vie extraordinaire, avec la chance de participer à des enquêtes passionnantes, comme celles sur Pizarro ou la famille Romanov, entre autres.

J’ai aimé la façon dont il parle de son métier, du sens qu’il lui donne, de la mission qu’il estime avoir. Et puis j’ai aimé aussi, le raffinement, la délicatesse de l’auteur, son respect pour les personnes qu’il a examinées. S’il fait souvent de l’humour franchement noir, ce n’est jamais à l’encontre de l’un de ses « patients ». Il le rappelle même clairement, que quelque soit l’état dans lequel elles se trouvent et quelle que soit leur identité, ce sont avant tout des personnes dans le plus grand état de dénuement et de vulnérabilité qui soit et pour cet raison méritent un grand respect. Alors que ce qu’il raconte est bien souvent assez glauque, il ne cherche pas à en rajouter, pour « faire de l’audience ». D’ailleurs croyez-moi, la réalité se suffit à elle-même dans le domaine de l’horreur. D’ailleurs les photos qui illustrent l’ouvrage ont été judicieusement choisies, claires et explicatives, elles ne sombrent jamais dans le voyeurisme.

Enfin, vu ma situation, j’ai apprécié les évocations de l’archéologie et la paleoanthropologie; il a une vision très juste de ce domaine et montre comment ces deux professions sont souvent très liées et peuvent parfois ne faire qu’une.

Cela dit, malgré toutes les explications données, un minimum de connaissances de base en anatomie des vertébrés aide bien à la compréhension. En outre, cet ouvrage est uniquement dispo en anglais et c’est l’une des rares fois où j’ai parfois peiné sur la langue, tant le vocabulaire est spécialisé. Je connais désormais tous les termes relatifs aux moyens de tuer quelqu’un et les noms de toutes les armes imaginables.

En bref,  j’ai tout simplement adoré ce mélange d’essai et de mémoires, même si je doute qu’il intéresse beaucoup des lecteurs de ce blog. La force de cet ouvrage c’est que l’on à affaire en même temps à un essai d’introduction très sérieux à destination de tous ceux qui envisagent d’exercer cette profession et en même temps, un ouvrage très divertissant (si,si je vous assure!). Je suis ravie d’avoir fait cette découverte, et je sais désormais sur quoi portera mon master et où je souhaite le faire !

Juste un extrait, les premiers paragraphes du bouquin, qui m’ont immédiatement scotchée et donnent le ton de l’ouvrage :

L’acheter sur Amazon en VO

I seldom have nightmares. When I do, they are usually flitting images of the everyday things I see on the job: crushed and perforated skulls, lopped-off limbs and severed heads, roasted and dissolving corpses, hanks of human hair and heaps of white bones all in a day’s work at my office [...]. Recently I dreamed I was in a faraway country, trying on shoes, and the leather in the shoes was so improperly prepared that the laces and uppers were crawling with maggots.  But there was a simple, ordinary explanation for this phantasm:  one of my graduate students was raising maggots as part of a research project.

I have gazed on the face of death innumerable time, witnessed it in all its grim manifestations.  Death has no power to freeze my heart, jangle my nerves or sway my reason.  Death to me is no terror of the night but a daylit companion, a familiar condition, a process obedient to scientific laws and answerable to scientific inquiry.

For me, every day is Halloween.  When you think of all the horror movies you have seen in your entire life, you are visualizing only a dim, dull fraction of what I have seen in actual fact. [...]

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Posté le 26 janvier 2011, dans en VO, les livres. Ajouter aux Favoris le permalien. 1 Commentaire.

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