BRONTE Emily, Les hauts de Hurle-vent
Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.
Mon avis :
Alors que ce livre trainait dans ma PAL depuis longtemps, je l’ai finalement entamé sur un coup de tête. Je sortais passablement irritée de ma lecture de Evermore, j’avais besoin de me tourner vers une « valeur sûre ». Et quoi que je renâcle souvent à les entamer, les classiques me déçoivent rarement. A la base, j’en repoussais la lecture car j’en avais plus qu’assez de voir ce livre cité dans la littérature pour ados made in US. Mais là, c’était la fois de trop, il était temps que je lui fasse un sort.
Au final, ma lecture m’a pris un peu trop de temps à mon goût, surtout dans le premier tiers : je n’avais pas beaucoup de temps à y consacrer et je n’avais pas l’esprit totalement libre, et du coup, je garde un petit goût d’inachevé, l’impression de n’avoir pas accordé à ce roman tout le temps et l’attention qu’il réclamait. Cela dit, ce sera justement une bonne excuse pour le relire. Car relecture, il y aura, c’est certain !
Je vais être directe, ce roman est un chef d’œuvre, même s’il n’a pas été pour moi le coup de cœur attendu, sans doute
pour la raison évoquée juste au-dessus. A tel point, que je suis assez intimidée au moment de rédiger ce billet, et que je ne sais pas trop comment m’y prendre pour éviter les banalités.
Comment souvent avec les classiques, je ne lis pas le résumé avant de me plonger dans ma lecture. J’en ai souvent tellement entendu parler par avance, que j’essaye de préserver un minimum d’effet de découverte. Et là, la surprise a été totale, tant je ne m’attendais pas à cela. J’ai été touchée, bouleversé, troublée, dérangée par la violence de cette histoire, de ses personnages, de leurs sentiments. Violence qui répond si parfaitement à celle de la nature se déchainant dans la région ou prend place le récit. Emily Brontë décrit merveilleusement cette lande balayée par les intempéries. Je sentais littéralement les éléments se déchainer autour de moi.
Je me suis souvent trouvée le souffle coupé, au bord de la crise d’angoisse tellement, je vivais cette histoire, tellement ce que je lisais était puissant et violent. J’avais parfois l’impression d’être un noyé luttant contre le courant. Une lecture épuisante aussi bien physiquement que moralement. Mais je n’aurais abandonné mon ouvrage pour rien au monde.
Heathcliff bien sûr est le personnage que je retiendrais de ce roman. D’une rare brutalité, il m’a pourtant touchée puis fascinée. J’étais totalement subjuguée par lui. Il me terrorisait et m’attirait à la fois. S’il m’arrivait de le détester, c’était pour mieux revenir vers lui et l’adorer quelques pages plus loin. Presque surnaturel (est-ce une goule ou un vampire ? ,
j’avoue que je penchais pour cette seconde option depuis plusieurs centaines de pages, me demandant si mon imagination débordante ne me jouais pas des tours), c’est réellement un personnage fort, comme j’en ai rarement vu et son histoire m’a totalement bouleversée. Plusieurs jours après ma lecture, il me hante encore. Les autres personnages, quoique non dénués d’intérêt m’ont bien souvent semblé fades ou simplement agaçants, à ses côtés et je n’ai pas réussi à m’attacher à eux. Seul Hareton m’a réellement émue et Catherine, lorsqu’elle avoue son amour pour Heathcliff, au début de l’ouvrage : Les grands malheurs de ma vie ont été les malheurs de Heathcliff, et de toujours, j’ai contemplé et ressenti chacun d’entre eux ; ma seule préoccupation à vivre, c’est lui. Si tout périssait et qu’il demeurât, je pourrais continuer à être ; et si tout demeurait et qu’il fût annihilé, l’univers me deviendrait suprêmement étranger : il me semblerait que je ne fisse plus partie de lui. Mon amour pour Linton est comme un feuillage des bois : le temps le changera, j’en suis sûre, comme l’hiver change les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble au socle des rocs éternels ; source peu visible de satisfactions, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! Il m’habite tout entière ; non point comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être . On sent dès lors la passion destructrice qui les unit et que celle-ci nous mène tout droit vers un drame que l’on ne pourra éviter.
Pour conclure, dire que j’ai aimé ce roman terriblement gothique est beaucoup trop faible pour décrire ce que j’ai ressenti au cours de ma lecture. A vrai dire, je ne sais pas quel mot employer pour décrire précisément mon ressenti. J’ai tout simplement l’impression que cette première lecture n’était pas suffisante pour que je puisse saisir toute la portée de ce récit. Je me suis laissée emporter, déborder par les phrases. J’ai l’impression d’avoir perdu toute maitrise de moi-même au cours de ma lecture. Il me faut vraiment le rouvrir plus calmement, pour prendre le temps d’en découvrir toute les richesses, de mieux saisir tout ce qui m’a échappé. Une véritable révélation littéraire en ce début d’année, l’impression d’avoir été marquée au fer rouge et l’envie de lire encore plus de classiques. J’y puise généralement des sentiments beaucoup plus profonds que dans des ouvrages plus modernes et c’est ce dont j’ai envie désormais, en littérature. Cela dit, je ne délaisserai pas mes autres lectures pour autant, hein!
Je serais assez curieuse de découvrir les adaptations ciné et télé qui ont été faites de ce roman : quel acteur réussira à me convaincre en Heathcliff ?
D’autres avis : Mallou, Lexounet, Florel, Fée Bourbonnaise.
Posté le 12 février 2011, dans les livres. Ajouter aux Favoris le permalien. 5 Commentaires.



Il est vrai que moi aussi j’ai un certain nombre de grands classiques qui m’attendent, j’ai du Zola, du Dumas, et bien d’autres. Pour Les Hauts du Hurlevent, lire ton commentaire me dit à l’oreille : et si tu le relisais, c’est presque certain tu aimeras. Alors Merci
Ravie de t’avoir donné envie de le relire
Merci pour ton commentaire
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