BBC, Sherlock 2012 (saison 2)
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Souvenez-vous, il y a un peu plus d’un an, j’étais hyper enthousiaste au sujet de la première saison de la série Sherlock, produite par la
BBC et découverte grâce à Matilda qui avait également beaucoup aimé.
Après l’avoir longtemps attendue, voici que la saison 2 est déjà terminée. Trois épisodes, c’est vraiment trop peu et trop vite dévoré surtout quand on se précipite dessus sans même avoir la patience d’attendre que les gens mettent la versions sous-titrée en ligne. Mais comprenez-bien que je ne pouvais pas faire autrement !
Bilan, les Britanniques ont vraiment une gamme d’accents impossibles et Sherlock parle peu mais quand il le fait c’est à une vitesse monstrueuse et j’ai par moments été totalement larguée, (mais je me demande sincèrement si les Anglais comprennent toujours ses explications) mais je ne pouvais pas attendre !
Bref, excellente saison, dont je vous parle tout de suite un peu plus en détails, épisode par épisode, mais sans spoilers bien sûr (hors deux petites zones masquées, à sélectionner pour les révéler) pour ceux qui attendraient la sortie VF (mais comment vous faites ?).
A Scandal in Belgravia (Paul McGuigan)
Oui, je la poste partout en ce moment, mais que voulez-vous, je ne me suis toujours pas remise de mes émotions.
J’attendais cet épisode avec énormément d’impatience (ayant récemment beaucoup aimé Un scandale en Bohême dont l’épisode est adapté, et parce que j’attendais cette nouvelle saison de toutes façons) et il a largement su combler mes attentes. Il est vraiment cro cro bien et a failli me faire manquer ma première heure de cours le mardi suivant la diffusion originale -_-‘.
Bourré de références à la nouvelle de Conan Doyle et à l’univers holmésien en général (un seul visionnage est loin de suffire pour toutes les saisir!), cet épisode est un peu complexe mais très enlevé, et puis quel final ! Il est aussi terriblement drôle, et j’ai noté tout un tas de citations en cours de visionnage, tout en ayant une vraie intrigue plus grave. Sans cesse sur le fil, il fonctionne vraiment bien, on ne cesse de passer du rire franc à l’émotion.
Un détail parmi d’autres, j’ai adoré le clin d’œil au fameux deerstalker dont tous les réalisateurs ont affublé Holmes sans raison valable, au fil des ans.
Sherlock est toujours aussi allumé, capricieux, cynique, odieux mais génialissime ! Peut-être encore plus que d’habitude puisqu’il est ici poussé dans ses retranchements par une Irène Adler (Lara Pulver) magistrale qui prend un méchant plaisir à le troubler et l’intriguer ! La transposition de cette dernière au XXIème siècle est très réussie à mon goût, parce qu’elle est bien plus fine, intelligente et dangereuse que ce personnage un peu vulgaire de Dominatrix qu’elle a crée pour s’assurer une place dans le monde. Elle donne une véritable intensité dramatique à cet épisode. Je n’avais d’ailleurs pas vu ce dernier aussi grave, lors de mon premier visionnage…Alors qu’il s’agit en fait peut-être bien du plus sombre de toute la série. Mycroft (Mark Gatiss) l’exprime d’ailleurs avec une grande justesse, dans sa longue scène muette. Je craignais par dessus-tout que l’on nous inflige un Holmes amoureux, heureusement les créateurs ont eu l’intelligence d’éviter cet écueil, tout en jouant subtilement sur l’ambiguïté de la partie jouée par les deux personnages. Pour cella, le parallélisme filé dans les agissements des deux personnages était très bien choisi. Les transitions entre les scènes sont très belles aussi.
J’ai aussi beaucoup aimé la façon qu’à Holmes de se comporter avec Mrs. Hudson (Una Stubbs), à la fois tout aussi odieux qu’avec les autres, mais aussi très respectueux, et presque gentil quelque part ; il y a quelque chose de très touchant entre ces deux-là. On sent qu’elle compte pour lui, qu’elle n’est pas seulement sa logeuse.
Seul bémol, une réalisation un poil brouillonne par moments, avec deux-trois trucs que j’ai trouvés un peu superflus, mais rien de très gênant. Bref, cet épisode délicieusement irrévérencieux et qui a énormément choqué le peuple anglais (une petite recherche Google vous donnera l’ampleur de la chose : Benedict Cumberbatch obligé de se justifier publiquement et tout le toutim), m’a personnellement énormément plu, et pas seulement pour les raisons évoquées ci-dessus… Disons juste que pour mon plus grand plaisir (mais je ne suis pas la seule, n’est-ce pas Matilda et Sara ?; les gens, si vous avez encore un minimum d’estime pour moi, ne visitez jamais mon profil FB -_-”), Irene Adler, n’est pas la seule à se dévoiler dans cet épisode…
How did Sherlock recognize her from… not her face ? – The Speckled Blond – The Geek Interpreter – The Naval Treatment
The Hounds of Baskerville (Paul McGuigan)
Selon moi, l’élément principal du roman, au delà de son intrigue, réside dans l’ambiance brumeuse si particulière qui règne sur cette lande (pas besoin de vous rappeler le titre de la nouvelle, j’imagine). Et les réalisateurs l’ont bien compris en créant pour cet épisode une atmosphère très particulière, pesante, à la limite du fantastique, presque angoissante, en tout cas oppressante; si bien que comme les personnages, on en vient à douter de ce que l’on voit et que l’on ne sait plus que croire. Martin Freeman est d’ailleurs absolument formidable à ce sujet, dans cet épisode; sa grande scène dans la laboratoire est absolument magistrale, il dévoile de grands talents d’acteur et affirme sa place dans la série, sortant de l’ombre de Sherlock.
Heureusement que par ailleurs, l’épisode est très drôle, histoire de relâcher par moments la pression. Sherlock est plus cabot et insupportable que jamais, par moment totalement allumé et son addiction à la cigarette le pousse à de bien curieuses extrémités…Elle est également l’occasion de références au Canon, avec en particulier la fameuse solution à 7% évoquée dans Le signe des quatre.
J’ai aussi tout particulièrement apprécié les sublimes paysages servant de cadre à cette enquête. La beauté, la pureté des images, leur travail presque photographique est une caractéristique globale de la série que je note à chaque fois et que j’apprécie énormément, mais cela s’exprime tout particulièrement ici, lors des scènes en extérieur.
Si j’avais une seule petite critique à émettre sur cet épisode, ce serait peut-être qu’il est un poil moins ryhtmé que les autres, traînant même parfois carrément en longueur sans que cela soit justifié (si ça passe à peu près la première fois, je me suis par moments carrément ennuyée au deuxième visionnage :S ), et un ou deux détails dans le dénouement m’ont semblé trop allambiqués, peu cohérents avec les données de départ et le ton général de la série. Pourtant, beaucoup de choses m’ont plus dans cet épisode, l’ambiance je l’ai dit, et la solution du mystère (SPOILER: un moyen d’évoquer différemment le rapport d’Homes aux drogues?), et il m’a bien plu sur le coup, mais je ne sais pas, avec le recul, et après second visionnage il me fait franchement tiquer… C’est clairement l’épisode que j’ai le moins aimé de la saison, tout comme j’avais déjà moins aimé le deuxième épisode de la première saison. En réalité, j’ai pratiquement exactement les mêmes remarques à faire au sujet de cette adaptation que celles formulées au sujet du roman. C’est intéressant…
The Reichenbach Fall (Toby Haynes)
Episode évoquant Le dernier problème et que j’ai attendu toute la semaine avec anxiété…On sent tout au long des deux premiers épisodes, une certaine gravité en fil conducteur, une menace sourde qui plane sans que l’on en comprenne toutes les implications; ce sont juste des images insérées sans lien apparent, au fil des épisodes. Tout n’est visiblement pas aussi simple qu’il n’y parait, sans que l’on sache bien à quoi s’attendre. Enfin, l’on se doute bien que la proposition si intéressante reçue par Jim (Moriarty, oui, je l’appelle par son petit nom parce que même pas peur de ce nabot, d’abord !) ne l’occupera pas indéfiniment…
Et pourtant, après une première minute dramatique à souhait et le générique, l’épisode redémarre tout aussi enlevé que les autres. Voire par moment franchement cocasse, grâce entre autres à des répliques super drôles et à un excellent jeu sur les sons et la musique (vraiment un des points à retenir de cet épisode) d’une part et les images d’autre part ; on a presque affaire à un ballet par moments. Cela-dit, cela ne dure pas non plus. La gravité reprend vite le dessus et la tension atteint peu à peu en un niveau rare pour la série. Cette alternance dans le genre des scènes est parfaitement maîtrisée et concours à instaurer cette intensité dramatique.
On a vraiment l’impression, comme les personnages, d’être menés en bateau par Moriarty, de faire partie de son jeu de pantins. Andrew Scott est vraiment très convaincant dans ce rôle. Il y a un tel contraste entre l’apparence et les manières jeunes et polissées, précieuses même, et la noirceur du caractère de son personnage, révélée par des moments de pure hystérie qu’il rend ce dernier vraiment dérangeant, effrayant. Un très grand méchant !
Bref, mon petit cœur était fort mal en point lorsque l’on se rapproche finalement de la scène finale que je craignais tant. Celle-ci est magistralement écrite et réalisée et terrible à la fois. Je savais de façon plus ou moins précise à quoi m’attendre, et pourtant elle m’a bouleversée. La conversation téléphonique et ce qui suit n’a pas manqué de me transformer en chose dégoulinante et hoquetante. Cette scène est juste parfaite et je n’aurais pas voulu la voir autrement représentée. Martin Freeman prouve, une fois de plus, tout au long de cet épisode, qu’il est un excellent acteur. Son émotion est bouleversante à voir.
L’ultime image, en revanche, m’a un peu fait tiquer. Mais pour être honnête, je suis absolument indécise sur ce que j’attendais réellement à ce sujet. Je crois qu’aucun choix n’aurait réellement su me satisfaire…Ou alors, il aurait fallu quelque chose d’un peu plus subtil, peut-être… Mais en fait, je suis quand même contente de cette fin et j’ai globalement énormément aimé cet épisode. Son ambiance, son style sont définitivement différents de ce à quoi on était habitués (le changement de réalisateur y est sans doute pour quelque chose) et permettent d’en révéler toute l’intensité dramatique mais sans non plus jurer au milieu de l’ensemble. Une superbe fin de saison qui ferme la boucle lancée au détour d’une réplique du Sergent Sally Donovan (Vinette Robinson) au cours du premier épisode (SPOILER: tout en ouvrant la voie à la troisième saison annoncée hier soir sur twitter par les créateurs).
Alone is all what I have. Alone protects me.
Bref, une excellente saison, peut-être encore plus soignée que la précédente au niveau de la réalisation et du travail des divers caractères des personnages, avec toujours cette élégance et ces références très XIXème (aspect que j’aime énormément) malgré le contexte définitivement actuel des intrigues. Sherlock est bien souvent poussé dans ses retranchements et cela permet de mieux apprécier sa personnalité complexe et Benedict Cumberbatch en retranscrit bien toutes les facettes, donnant vie à un Sherlock souvent touchant en dépit de son caractère et ses manies insupportables. Quant à Lestrade (Rupert Graves), il creuse peu à peu sa place et à un côté bon copain qui me plait bien. Bref, il me faut absolument les DVDs au plus vite (histoire de pouvoir mater, admirer les dons de Holmes à volonté) ! En revanche, j’ai été un poil déçue par le traitement de l’addiction de Holmes, comme si c’était politiquement incorrect. Oui bon, ok ça l’est mais ça fait partie du personnage, nom d’un p’tit bonhomme !
Matilda en parle ici et ici et Niki lui a également consacré un article, Marion aussi, ainsi que Mes lectures de l’imaginaire.







J’ai regardé la saison 1 la semaine dernière ! J’ai récupéré les nouveaux épisodes (avec des sous titres), je pensais attendre pour regarder la suite mais avec la fin de la saison 1, j’ai envie de voir vite la suite !
C’est vrai que vu le cliffangher à la fin de la S1, c’est impossible d’attendre avant de se jeter sur la suite !
Je vais attendre les sous-titres mais j’ai hâte !
Je comprends ta hâte ! Heureusement l’attente ne devrait pas être longue !
J’ai adoré ces séries. Trois épisodes par saison, ça passe beaucoup trop vite. Je veux les revoir !!
C’est vrai que 3 épisodes c’est vraiment trop vite regardé. Mais bon, je préfère peu d’épisodes de bonne qualité, qu’un truc médiocre qui s’éternise.
Je trouve que c’est le duo d’acteurs qui colle le mieux à l’image que je me fais de Sherlock Holmes et Watson. Mais j’ai un gros faible pour Robert Downey Jr et Jude Law.
Je n’ai pas encore vu la version ciné avec Robert Downey Jr et Jude Law, je l’appréhende un peu. Surtout après avoir vu la série. Pour moi Cumberbatch et Freeman SONT Holmes et Watson !
Une troisième saison, une troisième saison, une troisième saison.
HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII.
Je fais ma crise d’hystérie et je reviens.
HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII! On peut “hystériquer” ensemble
Et le pire c’est que ces traîtres avaient prévu leur coup en même temps qu’ils concevaient la S2, mais ils ont gardé le silence jusqu’au bout!
Hum. Les vilains !
Je rédige mon article, et déjà j’ai envie de revoir l’épisode, parce que ça va vraiment vite et que c’est compliqué et qu’on se demande des tas de trucs. PS / Moi non plus l’image finale ne me… je sais ce que j’aurais préféré, qu’on ne voit pas qui tu sais, que le doute plane, comme dans la nouvelle. Bien sûr on aurait hurlé pour l’attente ensuite à cause du suspens, mais voilà.
Techniquement j’aurais aussi préféré ne pas le voir, mais voir à la place un truc qui permette d’entretenir le doute, de laisser l’espoir planer mais sans certitude. Mais en étant tout à fait honnête, j’étais quand même très contente de le voir. D’où mon baragouinage fort peu intelligible sur le sujet dans l’article, d’autant plus que c’est quand même vachement dur de ne pas trop en dire. En attendant, pauvre Watson…Il est tellement touchant…sa détresse tellement bouleversante….Il est responsable à 50% des larmes que j’ai versées.Je suis vraiment fan de Martin Freeman.
Hâte de lire ton article !!!! Faudra qu’on se refasse les deux saisons ensemble, un jour où je serais en France !
Oui o/ Ce serait trop bien, on se prêterait des mouchoirs.
il me tarde de les voir ! J’adore l’humour dans cette série… C’est vrai qu’on ne s’ennuie pas une minute en plus, j’avais vraiment accroché pour le chien des Baskerville : j’ai ha^te de voir cette fameuse atmosphère !!!
Tu attends la diffusion française? Bon futur visionnage. L’atmosphère de HOUN est vraiment excellemment bien rendue, tu ne devrais pas être déçue sur ce plan!
J’ai bien envie de découvrir cette série. Ca a l’air vraiment très bien !
C’est vraiment une série de très grande qualité (mais avec la BBC, on a l’habitude!). cela dit, je te conseillerai de découvrir d’abord les textes originaux, histoire de pouvoir vraiment profiter de la série. Sans cet arrière plan, tu risque de passer à côté de tout un tas de références essentielles pour en apprécier toute la richesse.
Attention, avec la BBC, on a parfois des ratés… Mais Sherlock et Doctor Who, je conseille.
Par ailleurs, ma chère Méloë, c’est toujours un plaisir de venir sur ton blog, même si je te soupçonne d’avoir mis volontairement cette page en lien dans ton pseudo sur le mien
Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, je ne suis pas du tout du genre à t’innonder de messages subliminaux pour te dire, regarde cette cette nouvelle saison, bordel ! Je suis fort fort vexée que tu penses cela de moi !
Non, la BBC c’est toujours bien, j’en ai décidé ainsi; leurs adaptations austeniennes sont meeeeerveilleuses aussi, dabord (mais les vraies BBC, hein, pas les ITV). Mais je doute que cela t’intéresse. Bref, file me regarder ces 3 épisodes !
je viens de répondre à ton commentaire – figure-toi qu’il était dans les spams – n’importe quoi !
j’ai aussi ajouté ton lien à mon billet, et par la même occasion je t’ajoute dans mes liens amis
Je n’ai jamais regardé ni la saison 1 ni la saison 2 mais ton avis est en tout cas fort convaincant. Dommage que je n’aie pas plus de temps à consacrer aux séries télévisées !
Je n’ai pas non plus énormément de tmeps à consacrer aux séries télé, et je suis en retard dans un grand nombre d’entre elles. Mais là Sherlock, je ne eux tout simplement pas faire l’impasse. Surtout que deux saisons de trois épisodes, cela n’est pas vraiment chronophage !
J’adore cette série et il me reste encore le dernier épisode de la saison 2 à regarder … je fais durer le plaisir
Mais quand Sherlock se lance dans ses explications, il faut les écouter 2 ou 3 fois pour bien les suivre parce qu’il a un sacré débit de parole
Je ne sais pas comment tu fais pour réussir à attendre comme cela ! Effectivement, Sherlock a un sacré débit de parole ! Au bout d’un moment on finit par s’habituer plus ou moins, mais c’est “sportif”.
tu as raison, j’ai un faible pour le chien de baskerville car c’est vraiment réussi comme atmosphère brumeuse. J’aime beaucoup le cynisme de Sherlock…
Je suis absolument fan du cynisme de Sherlock ! Au sujet des chiens de Baskerville, il est visiblement truffé de références à Dr Who. Je ne connais malheureusement pas encore cette série, mais du coup je suis encore plus curieuse à son sujet !
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