Archives de la Catégorie à l’écran

DAVIS Andrew, Holes, 2003

Résumé :

Stanley Yelnats (Shia LaBeouf) est poursuivi par la malchance. Toujours au mauvais endroit au mauvais moment, il est condamné à plusieurs mois de détention pour un crime qu’il n’a pas commis. A Camp Green Lake, lui et ses camarades de détention – Squid, Armpit, ZigZag, Magnet, X-Ray, et Zéro (Khleo Thomas)- sont forcés par la redoutable directrice du camp (Sigourney Weaver) et ses acolytes, Mr. Sir (Jon Voight) et Mr. Pendanski (Tim Blake Nelson), de creuser des trous “pour se forger le caractère”.

Personne ne sait exactement pourquoi ils doivent creuser tous ces trous, et Stanley commence bientôt à se demander s’il n’y aurait pas quelque chose à déterrer… Lui et ses complices devront se serrer les coudes et garder une longueur d’avance sur la directrice et ses hommes de main s’ils veulent mener à bien leur audacieuse évasion, résoudre le mystère et briser la malédiction qui pèse sur la famille Yelnats…

Mon avis :

Pour cette première publication dans le cadre du challenge La littérature fait son cinéma, je fais les choses un peu à l’envers, puisque je commence par vous présenter une adaptation. Mais, c’est tout simplement parce que, je vous avais présenté, il y a quelques mois, Le passage, livre dont a été adapté ce film (qui s’appelle La morsure du lézard en français mais bien Le passage en version québécoise), et que j’évoquais encore dans mon dernier TTT. Totalement fan de ce livre lu et relu de nombreuses fois, j’étais assez curieuse de voir ce que cela pouvait donner en film…

Bilan, si je n’ai pas été aussi emballée que par le livre, j’ai tout de même été assez agréablement surprise. Voyons cela de façon assez succincte, car si j’ai passé un chouette moment, je n’ai pas non plus grand-chose à dire sur ce film.

Stanley Yelnats

J’ai tout d’abord été surprise par la fidélité de cette adaptation. En effet, le déroulement de l’intrigue est particulièrement bien respecté. On a vraiment aucun mal à reconnaitre l’histoire.  Le rythme même en est plus ou moins conservé, avec l’insertion régulière de flashbacks qui éclairent peu à peu cette histoire. J’ai finalement découvert, en préparant ce billet, que l’auteur du livre lui-même (Louis Sachar) avait rédigé le scénario, ce qui explique sans doute cela. Cela-dit, je reconnais que pour le coup, j’aurais bien aimé un regard extérieur sur l’histoire. J’ai trouvé le résultat un peu mou du genou, trop linéaire, trop littéral. J’aurais aimé une petite part d’interprétation, un brin de nouveauté. J’aime les adaptations fidèles, bien sûr, mais j’aime aussi sentir la patte du réalisateur, découvrir le texte sous un nouveau jour, que les aspects mis en avants ne soient pas forcément exactement les mêmes. Hors là, on colle vraiment au texte à la virgule près. Alors quand, comme moi, on connait le texte pratiquement par coeur, on s’ennuie un petit peu, malheureusement. Cela dit, je n’ai pas non plus grand choses à reprocher à cette adaptation, en dehors de ce petit manque d’audace.

Zero. Il est trop choupinou, non ?

 Puisqu’il est question de fidélité, les personnages sont particulièrement bien retranscrits. Ils ont bien ce côté à la fois brutal et touchant de leurs modèles de papier. On les “reconnait” sans souci, chacun selon son caractère, son histoire, son physique.  Mention spéciale pour Zéro. Qu’est-ce qu’il est choupi ce gamin ! Je crois qu’il m’a encore plus touché dans le film que dans le livre !

Le point fort du roman est son humour totalement décalé. Et effectivement, dans cette adaptation, certaines scènes sont très drôles, tant leur aspect caricatural est mis en avant. Costumes, intonations, accents, postures…tout est là pour forcer le rire du spectateur. J’ai parfois trouvé ça un peu lourd, mais le fait est que ça marche : on rit de bon cœur, même si on est loin de la finesse des répliques et situations du livre. Et une fois de plus, lorsque ce sont les mêmes ressorts qui sont employés, quand on les connait par coeur, ils tombent un peu à plat dans le film…

Mr. Sir dans toute sa splendeur !

Du côté du cadre, j’ai été tout particulièrement sensible à la représentation du désert, ses couleurs, cette chaleur qui semble vous accabler, la poussière qui recouvre tout  de son dégradé de tons ocres… Il y a quelques très jolis images et un joli travail sur la couleur. Tout est orange dans ce film, des combinaisons de travail des prisonniers à l’environnement.

Enfin, j’ai bien aimé retrouver la “griffe Disney” dans les musiques ou le côté chorégraphie en costume de certaines scènes. Cela donne du dynamisme à l’ensemble et a quelque part, un côté rassurant : les repères habituels sont là : on est en terrain familier.

Bref, vraiment un film sympathique, il n’y a rien à redire de ce côté-là, mais il lui manque simplement l’originalité et le grain de folie du bouquin. A réserver plutôt à ceux qui ne connaissent pas encore le livre donc, car pour les fans du bouquin, le film n’apporte pas grand chose.

Voilà donc, un “billet bonus”, en attendant de commencer pour de bon le

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ZEFF Dan, Lost in Austen , 2008 (ITV)

Résumé:

Amanda Price (Jemima Rooper), une jeune Londonienne fan de Jane Austen, découvre un beau jour Elizabeth Bennet (Gemma Arterton) dans sa salle de bain. Les deux jeunes femmes échangent alors leur place. Amanda Price arrive chez les Bennet au début du roman et s’efforce dès lors de tout régler pour que l’intrigue du roman suive son cours normal…Inutile de vous dire que tout ne se déroulera pas comme prévu…

Mon avis:

J’avais déjà entendu parler de cette mini-série, mais elle ne faisait pas particulièrement partie de mes priorités visionnesques. Or Mlle Alice a eu raison de ma quasi-indifférence en sortant un argument de taille : la présence d’une réécriture de la scène du lac de Pride & Prejudice 1995 sensée beaucoup me faire rire ! A partir de là, impossible de résister bien longtemps à l’attrait d’un visionnage !

J’ai entamé cette série sans rien savoir de son intrigue et j’ai été scotchée à mon écran dès les premières minutes, visionnant d’une traite les 4 épisodes. Voyons plus en détail quelques uns des ingrédients qui font que cette série m’a tant plu, car il y aurait tant de choses à dire sur cette série que je suis bien incapable de pondre un billet exhaustif !

Pour commencer, j’ai beaucoup aimé les toutes premières minutes, avant le générique, lorsqu’ Amanda Price explique son rapport à la lecture, comment elle entre dans l’histoire, pourquoi elle aime ces histoires…Les créateurs nous proposent une héroïne vive, moderne, intelligente et pleine de répartie, bien loin de la cruche cucul la praline comme on veut parfois présenter les lectrices de Jane Austen. Amanda Price a vraiment des répliques hilarantes ! Une de mes préférées, après qu’elle se soit faite envoyer bouler par Mr Darcy (Elliot Cowan) : If I dream about him tonight, I should be really angry. I’m going to dream about him. Well I hope in my dream you choke!

N'est-il pas tout à fait charmant ce Wickham ?

C’est d’ailleurs une caractéristique globale de cette série : les auteurs et réalisateur connaissent parfaitement, aiment et comprennent l’œuvre de Jane Austen. Si l’intrigue prend rapidement un tour différent de celle du roman, on n’en retrouve pas les moins les grandes étapes et l’esprit. Par exemple, si le ton est résolument différent, la demande en mariage totalement improbable du copain (Daniel Percival) d’Amanda Price et la réaction de cette dernière n’est pas sans rappeler la première demande de Darcy, et la réaction de Lizzy. De même Wickham (Tom Riley), a tout autant à révéler sur sa réelle personnalité dans cette création que dans le roman…et notre héroïne souffrira tout autant de préjugés à son sujet que Lizzy.  Cela donne d’ailleurs lieu à des scènes hilarantes même si je crois que je préfère le détester totalement. En revanche, il beaucoup plus agréable à l’œil dans cette version que dans les autres. Même si de façon, générale, je trouve que les personnages ont des physiques un petit peu trop modernes.

LA fameuse scène reprise. En plus, cette fois, la chemise est bien transparente ^^

Et puis il y a tous ces clins d’œil franchement rigolos à la mini-série 1995. Par exemple, le spectateur attentif remarquera le générique de P&P en sonnerie du portable d’Amanda Price, ou s’étonnera en même temps que l’héroïne, que Mr Darcy n’ait pas les traits de Colin Firth. Enfin, la fameuse scène du lac. Je ne vous révèle rien à son sujet, parce qu’il faut vraiment en avoir la surprise. Mais cela n’a effectivement pas manqué, j’ai hurlé de rire devant cette scène. Les circonstances du plongeon sont tellement drôles et en même temps bien trouvées. C’est juste génial. C’est déjà une scène qui me fait beaucoup rire dans la série de 1995, tant je la trouve incongrue et tant ce pauvre Darcy est ridicule, mais alors là, la réécriture est franchement géniale, hilarante !

Le résultat est drôle, vif, intelligent, witty comme un roman de Jane Asuten. Et puis, les créateurs ont pensé à tout un tas de petits détails/questions totalement inutiles que les fans se posent : le prénom de Mr Bennet, par exemple.

Elisabeth Bennet a toute la fraicheur et l’espièglerie nécessaire et sa transposition à notre époque est particulièrement réussie. J’ai simplement regretté qu’elle soit si peu présente de cette adaptation. J’aurais aimé voir son évolution. Cela aurait sans doute pu donner lieu à tout un tas de scènes hilarantes (au vu des petits morceaux auxquels on a le droit). Il y aurait presque matière à réaliser une seconde saison, où l’histoire nous serait relatée du point de vue d’Elizabeth Bennet.

Et puis, forcément, l’arrivée d’Amanda Price dans cet univers de la fin du XVIIIème siècle donne lieu à tout un tas d’anachronismes hilarants, entre sa tenue, ses accessoires, ses manières et son vocabulaire. Vous saurez dorénavant, que si Jane (Morvan Christie) survit à son refroidissement, c’est grâce à un comprimé de paracétamol, habilement sorti par Amanda, de son corset. >< Sans compter, que connaissant le roman, elle fait tout de travers, en voulant bien faire. Elle a d’ailleurs cette autre merveilleuse réplique face à un Charles Bigley qui s’intéresse d’un peu trop près à elle : I’m a woman and…I’m a woman and I’m drawn to…other women. Et ses maladresses donneront lieu à des scènes improbables, tout juste évoquées dans le roman, ici détournées et  représentées (Mr. Bennet aura l’occasion de se battre en duel, dans cette version !)

Enfin, quoique très très drôle (j’ai franchement rarement autant ri face à un film), cette adaptation nous montre aussi une fin de XVIIIème siècle assez réaliste, aux conditions de vie (en particulier pour les femmes) bien moins roses que celles que l’on se représente à la lecture des romans de cette époque. C’est fait avec délicatesse, et ça ne vient rien enlever à la légèreté de l’histoire, mais c’est bien présent en filigrane, tout au long des épisodes.

Bref, une idée géniale (qui n’a jamais eu envie d’entrer dans son roman préféré ?) et magistralement traitée. Tout est là, mixé, réécrit, mais tout est là pour un résultat drôle (je pense l’avoir suffisamment répété au cours de ce billet !), intelligent et fluffy mais pas trop. Il y aurait encore des tas de choses à relever au sujet de cette adaptations et je suis certaine d’en avoir manqué tout un tas d’autres. Des revisionnages s’imposent pour cette série qui sera sans doute un futur classique chez moi ! Dès que je suis rentrée en France, je me commande les DVDs.

Troisième adaptation vue dans le cadre du 

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FISHER Terrence, The phantom of the Opera, 1962

Résumé :

L’histoire se déroule en 1900 dans la Londres victorienne. Le London Opera House est, dit-on, hanté par un fantôme depuis que Lord Ambrose D’Arcy (Michael Gough) tente d’y présenter un nouvel opéra. Lors de la première, le spectacle est gâché par le corps d’un pendu qui apparaît en se balançant au bout d’une corde au-dessus de la scène. La chanteuse engagée refuse d’y jouer de nouveau.

Le directeur artistique, Harry Cobtree (Edward de Souza) auditionne de nouvelles chanteuses et tombe sur Christina Charles (Heather Sears), qui semble beaucoup promettre. Elle est engagée et présentée à D’Arcy. Celui-ci tente de la séduire mais elle se refuse à lui. Elle est sauvée par Harry. En colère, D’Arcy les met tous les deux à la porte.

Mon avis :

Enthousiasmée par l’adaptation de 1989, j’ai dès le lendemain eu envie de visionner celle-ci. Sauf que là, la magie n’a pas du tout opéré. Et encore, c’est un doux euphémisme…Je me suis forcée à aller jusqu’au bout parce que je veux faire le tour de ces diverses adaptations et pouvoir en parler ici, mais je me suis vraiment forcée !

Disons le tout de suite, en dehors d’être une très mauvaise adaptation, ce film est brouillon et carrément chiant ! Je comprends sans peine, le flop fait à sa sortie. Quant à sa qualification officielle de film d’horreur, je ne l’ai toujours pas comprise. Mais voyons, tout cela en détails.

Je le disais donc, l’adaptation me semble très mauvaise. En effet, il est quasiment impossible reconnaitre ici le roman de Gaston Leroux ou même le mythe du Fantôme de l’Opéra. Tout a été modifié à commencer par les personnages et leurs prénoms avec par exemple cet Ambrose d’Arcy qui sort de nulle part. On ne retrouve vraiment rien ni les lieux (le film se déroule à Londres), ni les situations (Faust est supprimé de même que Dom Juan triomphant, remplacé par un opéra sur Jeanne d’Arc, non mais wtf ?). Quand des éléments sont effectivement repris, c’est fait avec un tel contre-sens qu’on aurait préféré les voir passés à la trappe. La loge n°5 n’est pas réservée à F. de l’O. mais simplement refusée par les spectateurs qui y entendent des voix… La chute du chandelier est bien là, mais prise totalement à contre-pied. Cette scène qui referme le film m’a fait bondir. On ne peut pas faire plus éloigné de la signification originelle de cette scène.

Le Pr. Petrie, le Fantôme de cette adaptation...

Le seul aspect du roman qui est ici bien retranscrit est l’accent mis sur le côté enquête au sujet de l’identité et l’histoire du Fantôme qui manque parfois aux autres adaptations. Satisfaisant mais un peu léger pour un film qui se prétend être une adaptation.

De même, Harry, directeur artistique, remplit également le rôle de Raoul (comme dans le film de 1989). Et c’est un détail qui passe très bien, au vu de tout le reste, même si du coup, toute l’inconvenance de la relation due à la différence de niveau social entre les protagonistes, disparait.

Malgré cela, on aurait pu avoir affaire à un bon film, mais ça n’est même pas le cas, tant le grotesque et les situations clichées et improbables s’accumulent. Lord Darcy, cet espèce de pervers limite flippant sorti de nulle part a un comportement totalement hors de propos pour l’époque à laquelle est sensée se dérouler le film. Puis alors, Christina, notre jeune cruche est super logique. Elle refuse d’accompagner Ambrose chez lui, en soirée pour suivre un cours particulier alors qu’il y aura majordomes et gouvernante, mais deux secondes plus tard, elle trouve normal de s’enfuir avec Harry/Raoul pour aller se promener seule avec lui dans les coulisses non éclairées de l’Opéra désert à cette heure-ci. C’est vrai que c’est vachement plus décent comme proposition. Tsss.

Harry/Raoul, ma foi pas déplaisant à l'oeil ^^ mais beaucoup trop dégourdi pour le rôle.

Mais le pire est encore à venir, avec le chasseur de rats qui propose à nos deux tourtereaux le fruit de sa récolte, pour cuisiner une tourte (oui, vous avez bien lu), et eux de répondre le plus naturellement du monde : non merci, nous sommes végétariens. Je…hum…pardon ? Et plus on avance, plus l’histoire part en vrille. C’est désespérant.

Ne parlons pas des maquillages, avec une fois de plus, la palme revenant au Fantôme. Non mais c’est quoi cette couche de glaise qui semble le recouvrir intégralement, lui donnant un air sale et peu soigné et ce masque borgne qui ressemble au bricolage d’un gamin de primaire ???

Enfin, autre sommet du ridicule : la voix du Fantôme quand celui-ci parle à travers les murs. C’est juste horrible et ridicule. On dirait un corbeau qui maquille sa voix au téléphone pour faire chanter quelqu’un/ avertir la police d’un meurtre, dans un mauvais polar.

Bref, l’ensemble est tellement ridicule que je me suis plus d’une fois demandé s’il ne pouvait pas s’agir d’une parodie. C’est vous dire…

Du côté, de l’anecdote marrante, on a droit, une fois de plus à la Toccata et fugue de Bach. J’adore ce morceau à la base, mais il est tellement employé dans les adaptations du Fantôme que je devrais finir par en lister les occurrences.

Bref, mauvais film et mauvaise adaptations, 0 émotion et 0 frisson pour ce film soit disant d’ « horreur ». Je n’ai vraiment pas compris d’où sort cette classification. A part un grotesque pendu au bout d’une corde au début, ce film ne comporte aucun ingrédient qui permette de la caractériser de film d’horreur… A regarder uniquement dans un but d’exhaustivité sur le sujet. Si toutefois, vous êtes intéressés, il est dispo ici.

L’avis de Niki.

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BURTON Tim, Frankenweenie, 1984

Résumé :

Lorsque Sparky, le chien de Victor Frankenstein est renversé par une voiture, ce dernier est complètement désespéré. Il retrouve espoir lorsqu’à l’école, son professeur de biologie électrocute une grenouille morte pour la faire réagir. Victor trouve ainsi la manière idéale de ramener son chien à la vie. Mais quand ses parents et ses voisins aperçoivent Sparky-le-ressuscité, le jeune garçon doit les convaincre qu’en dépit des apparences, Sparky est resté le même chien.

Mon avis :

Alors que depuis quelques jours on ne cesse de parler du long-métrage d’animation du même nom qui doit sortir pour Halloween 2012, un bref échange de commentaires sur Facebook avec Tsuki m’a donné envie de revoir le court-métrage dont sera adapté ce film.

Frankenweenie fait partie des films burtoniens que j’ai « relativement peu » vus. Ce qui est bien dommage, car si l’histoire peut sembler un peu « simple », elle est très joliment traitée. J’aime beaucoup le Noir&Blanc pour son esthétique particulière et la grande étendue de possibilités qu’il offre, malgré ce que l’on pourrait croire ; et là il est particulièrement bien employé. La photographie est juste sublime. Les jeux d’ombre et de lumière sont  juste fabuleux. Je pense par exemple au moment où l’on voit simplement l’ombre de Sparky derrière une fenêtre, façon monstre de la Hammer.

Et puis une fois de plus, malgré l’aspect très sombre de l’histoire, l’humour (noir) est déjà très présent. J’ai adoré redécouvrir certaines répliques oubliées comme this xfrog cannot move because it is in fact an exfrog. Et puis, il fallait bien Tim Burton pour choisir un pitbull comme chien gentil !

En fait, le seul truc qui me gêne réellement dans ce film, c’est cette happy-end, visiblement imposée par Disney (d’après ce que j’ai pu lire sur le net) et qui me semble totalement incongrue au vu du ton du reste du film. Je me souviens qu’elle m’avait choqué la première fois, et elle passe toujours aussi mal. Franchement, je ne les comprends pas bien chez Disney sur ce coup. J’aurais pu comprendre qu’ils refusent d’éditer ce film sous leur label, mais tant qu’à le faire, alors pourquoi imposer des modifications ?

Malgré ses imperfections, je crois que si j’ai malgré tout beaucoup de tendresse pour ce moyen-métrage, c’est parce que l’on y voit déjà tous les grands traits de Edward Scissorhands, que ce soit dans la structure générale de l’intrigue ou même dans certaines scènes que l’on retrouvera pratiquement telles quelles quelques années plus tard.

Bref, un revisionnage fort sympathique qui me donne vraiment très envie de voir ce que donnera la version longue :) 

D’autres avis : Niki

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LITTLE Dwight H., The Phantom of the Opera, 1989

Résumé :

Christine, une jeune soprano, découvre un livret d’opéra écrit par un mystérieux Erik Destler et vieux d’une centaine d’années. Alors qu’elle le soumet à une audition, elle est blessée par un morceau de décor qui l’assomme. Projetée à Londres en 1881, Christine se retrouve brusquement à la place de Christine Day, une jeune chanteuse prodige ayant pour mentor un mystérieux homme en noir, ravi par ses prouesses vocales et subjugué par sa beauté. Mais tous ceux qui semblent vouloir se dresser sur son chemin vers le succès sont mystérieusement assassinés.

Mon avis :

Je poursuis ma découverte des adaptations du Fantôme de l’Opéra avec ce film gore de 1989. Vous pouvez le visionner ici. Là encore, c’est tout simplement sa disponibilité sur le net qui m’a poussée à le voir aussi rapidement et je dois avouer avoir passé un très bon moment avec cette adaptation plutôt particulière mais finalement assez fidèle. Voyons cela en détails.

Je n’avais pas lu le synopsis, du coup j’ai été assez surprise de découvrir que le film démarrait à notre époque et aux Etats-Unis. Mais on a à peine le temps de se faire à cette transposition que nous voici plongés dans l’histoire originale. Dès lors on découvre une adaptation qui malgré quelques libertés prises du côté du scénario est vraiment fidèle à l’esprit du texte de Gaston Leroux.

Toutes grandes étapes du roman sont là (Faust, le bal, le cimetière, le chasseur de rats…), hormis la spectaculaire chute du chandelier. (mais quand on voit ce que certains sont capables d’en faire, ça n’est peut-être pas un mal…) Mais surtout, surtout, pour une fois on a affaire à un Erik (Robert Englund) terriblement crédible et fidèle à son modèle de papier. Ici pas de bellâtre amoureux transi et à peine égratigné portant un demi masque. Ici, Erik est profondément laid, il a vraiment l’apparence de la mort et est sadique, caractériel et violent comme il se doit. Le réalisateur a résisté à la tentation d’édulcorer le personnage et c’est vraiment un point qui m’a énormément plu ! Seule grosse infidélité par rapport au roman : Erik doit sa défiguration et sa violence à un pacte passé avec le diable. Je ne comprends pas bien ce choix…Est-il si inconcevable pour un américain qu’un homme soit laid par nature et mauvais de son propre chef ? Seul le diable peut-être responsable d’une telle situation ? Bref, ça m’a légèrement fait tiquer, mais comme cela n’est que très brièvement évoqué, on passe facilement outre ce détail.

Si cette adaptation ne m'a pas secouée de sanglots comme le roman, voici LA scène qui a tout de même réussi à me faire verser une petite larme.

Quelques petites choses disparaissent ou bien sont transformées, comme Richard (Alex Hyde-White), l’un des directeurs, remplissant également la fonction de Raoul de Chagny, le prétendant de Christine ( Jill Schoelen) mais c’est de l’ordre du détail propre au concept-même d’adaptation.

Les autres modifications principales se trouvent au niveau du dénouement. Si le dénouement proposé pour 1881 est crédible, bien qu’en contradiction avec ce qui nous est dit dans le texte d’origine (mais qui sait où se trouve la vérité?), en revanche la fin 1989 part totalement en vrille et je n’ai pas du tout été convaincue par ces dernières minutes…Pourtant cette idée d’histoire se reproduisant à l’infini et la transposition des personnages auraient pu être intéressantes mais leur traitement ne m’a pas plu… Pourtant c’était plutôt bien parti. Ce sont vraiment les deux dernières minutes qui ne m’ont pas du tout convaincue…Pourtant, elles reprennent un scène du livre qui n’a pas vraiment lieu dans le récit de 1881, mais ça n’est tout simplement pas le bon moment, la bonne raison d’agir…Bref, cette extrême fin me chagrine…Puis alors, Erik perd carrément en charisme avec ce nouveau physique… Rendez-moi mon balafré !

Ce bellâtre de Richard/Raoul

Un dernier changement dont je n’ai pas bien compris la nécessité est de faire se dérouler l’histoire de 1881 à Londres… A part peut-être pour le parallèle assez marqué avec l’histoire de Sweeney Todd ? Mouais, ça pourrait coller, car j’ai vraiment eu cette image en tête, lorsque l’on voit Erik à l’œuvre.

A ce sujet, je le disais en ouverture, on est ici face à un film d’horreur fin 80s, chargé en hémoglobine, plus gore que réellement « horreur » d’ailleurs. C’est un peu too much et les pratiques d’Erik (car il ne se contente pas ici de tuer, mais je ne vous en dis pas plus) pourraient en rebuter certains. Mais à la limite, cela ajoute au côté suranné de l’ensemble de l’adaptation qui colle bien à l’ambiance mystérieuse et gothique du roman.

Bref, une adaptation qui m’a vraiment beaucoup plu (malgré sa très mauvaise cotation en temps que film d’horreur et le flop monumental lors de sa sortie) parce que l’on sent que les créateurs connaissent bien le roman de Gaston Leroux et ont su en retranscrire l’essence. Erik est tout particulièrement juste et convaincant. Ca n’est peut-être pas un film extraordinaire, mais c’est mon adaptation préférée pour le moment, ça c’est certain. Cela-dit, j’attends toujours LE film ultime, qui serait forcément réalisé par Tim Burton. C’est clairement une histoire et un univers qui lui correspondraient. Bref, Mr Burton, si vous passez dans le coin…

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La page sur le Fantôme de l’Opéra.

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