Archives de la Catégorie LCs

GRAHAM Lynne, Le défi d’un play-boy

Résumé :

Lorsque Gwenna Hamilton lui demande de l’aide, Angelo Riccardi jubile. Dès leur rencontre, il est tombé sous le charme de cette jeune femme à la beauté sans artifices, bien plus séduisante que toutes les femmes sophistiquées qu’il fréquente habituellement…et bien moins docile. Devant son indifférence, il s’était promis de la conquérir par tous les moyens et la voilà, désespérée, prête à tout pour le convaincre. Une situation encore plus grisante quand il découvre que Gwenna est la fille de son pire ennemi. Sans le savoir, elle vient de lui offrir une occasion très agréable de prendre sa revanche…

Mon avis :

Puisque l’heure est à la dénonciation, je tiens à préciser en préambule, que c’est Matilda qui a eu l’idée de cette LC. Ceci étant mis au point, je peux vous livrer mon avis sur cette lecture (dont le titre a été choisi eu terme d’un débat richement argumenté sur FB, pendant que la demoiselle passait un exam’), certes courte mais tellement intense !  J’ai été tellement zémue, tellement enchantée par cette récriture de Cendrillon (je ne redévelopperai pas la comparaison vue Matilda le fait déjà fort bien) que je ne saurais dire ce que j’ai le plus aimé dans ce roman !

Serait-ce la classe folle suintant de chaque détail et ce dès la couverture, ou avec par exemple le chien qui s’appelle Porky. Ou bien l’accumulation de clichés éculés : le héros sexy est forcément italien et en conséquence forcément lié de près ou de loin à la mafia, même si  Cependant, sa plus grande fierté était d’être devenu milliardaire sans jamais avoir enfreint la loi. (à la lecture de cette phrase qui prend place dès les premières pages de l’ouvrage, je savais que j’allais passer un excellent moment!), le meilleur ami homo,… j’en passe et des meilleures ? Ou bien encore les diverses images très réaliste et naturelles comme l’héroïne qui pour se faire obéir des enfants dont elle à la charge s’efforce de prendre l’air menaçant d’un ours.  ? A noter à ce sujet, le respect rassurant des valeurs traditionnelles du mariage, puisque le héros déduit immédiatement qu’il ne s’agit pas des enfants de l’héroïne vu que celle-ci ne porte pas d’alliance.

Seraient-ce encore les descriptions si détaillés et martelées tout au long du texte pour qu’on ne risque pas d’oublier le moindre détail ? Comment ne pas succomber entre une héroïne à la voix suave et aux yeux bleu faïence (nan mais WTHF ?), et un héros terriblement viril, aux yeux mordorés qui s’appelle Angelo (siiii ! Admettez que ça ne s’invente pas !) et s’exprime en italien toutes les deux répliques ! Que calor, les amis (ah mince, c’est de l’espagnol, m’enfin vous m’avez comprise) ! Tous deux évoluant entre Somerset, Sardaigne et magnifique hôtel particulier de Londres. Mais forcément comme notre héroïne est pure et juste, elle n’a que faire de cette débauche de luxe. De toutes façons, elle est incapable de réfléchir longuement à la  question puisque dès que le bel Angelo (je ne me lasse pas de ce prénom!) apparaît, elle perd ses derniers neurones et s’abandonne à lui, incapable de résister.

Parlons-en de ce héros, un homme, un vrai qui n’hésite pas un instant à risquer sa vie pour sauver celle de Porky, le sale cabot évoqué plus haut, et termine à l’hôpital entre la vie et la mort, temporairement à moitié défiguré (encore un rapprochement à faire avec Jane Eyre, chère amie ?) !!! Franchement, c’est pas Darcy qui ferait ça !

En fait, ce qui est magnifique dans ce roman, c’est que malgré une intrigue hyper compliquée et impossible à résumer (‘fin moi j’en ai abandonné l’idée, mais là encore ma collègue fait ça très bien) et über-glauque, digne des pires drames sociologiques : spoilons gaiement mes très chers : Miss Cruche (Wenda, Branda, Gwenna ? bref, on s’en fout) se prostitue purement et simplement pour éviter le divorce à son père, offrant à l’occasion sa petite fleur (admirez un peu la poésie et la délicatesse dont je fais preuve, en hommage à l’oeuvre ; spéciale dédicace aux fans de Friends, au passage) à un étalon italien, certes fort bien monté (oui là, en revanche pour la finesse, on repassera, mais jje file la métaphore, que voulez vous!), mais qu’elle déteste profondément. Malgré une trame über-glauque, donc que de poésie et de sensibilité dans ce roman ! Comment ne pas être bouleversé par le terrible drame familial vécu par Angelo ? Comment ne pas,  à notre tour, succomber à ses charmes et nous rêver dans ses bras à la place de Nounouille lorsque l’on lit les nombreuses descriptions de leurs ébats  (et sur ce point, le titre tient toutes les promesses de la collection !)?

Bref, vous l’avez compris, cette lecture fut un vrai enchantement. Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Harlequins pour la mise à disposition gracieuse de ce titre qui a répondu à toutes mes attentes, Matilda pour m’avoir entraînée dans cette folle aventure, mon insomnie chronique qui m’a permis de découvrir ce court ouvrage beaucoup plus tôt que prévu, et vous cher public, pour qui j’ai rédigé ce billet hautement culturel (ben quoi, c’est la saison de remise des prix, alors je me mets dans le ton). 

 Le billet de Matilda .

Delphine l’a également lu.

le sublime logo crée par Matilda pour l'occasion.

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L’HOMME Erik, A comme association 1 : la pale lumière des ténèbres

Résumé :

Première mission pour Jasper : trafic de drogue chez les vampires. Jasper vit à Paris, va au lycée et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval. Bon, mais depuis peu, il fréquente aussi le 13, rue du Horla, l’adresse ultra secrète de L’Association. L’organisation a repéré chez lui certaines aptitudes pour la magie et lui a proposé de devenir agent stagiaire. Et les stages de L’Association ne se passent pas vraiment autour de la photocopieuse! Armé d’une bombe lacrymogène au jus d’ail, Jasper est envoyé chez les vampires pour enquêter sur un trafic de drogue. Attention au retour du jet d’ail!

Mon avis :

J’ai généralement beaucoup de mal à me procurer des livres en français –de mon choix- pendant l’année scolaire. Alors quand je suis tombée sur les deux premiers titres de cette saga au salon international du livre, je n’ai tout simplement pas pu résister et je n’ai pas demandé l’avis de mon compte en banque !

Ce premier tome est vraiment jubilatoire et j’ai adoré retrouver la plume d’Erik L’homme pour cette nouvelle série. Je me suis immédiatement attachée à son héros Jasper : comment résister à ses jeux de mots minables (Yann, si tu passes par là, je t’ai trouvé un concurent sérieux)?!  Ce tome est vraiment très drôle, très vif. Erik L’homme passe son temps à jouer avec la langue et les clichés qu’il détourne allègrement, posant un regard ironique et tendre sur l’adolescence. Je me suis vraiment marrée devant mon bouquin (et mes voisins de bus m’ont prise pour une folle -_-). Et puis, je ne sais pas, je le trouve tout simplement attachant cet ado à l’allure romantique, maladroit mais sorcier de génie et musicien de rock médiéval ♥  à ses heures perdues, affublé de parents un peu largués, chacun dans leur genre.

J’ai aimé surtout plonger dans cet univers fantasy très classique et basique mais résolument moderne. Là encore, tous les clichés que l’on peut avoir sur les créatures sont repris avec une espèce d’autodérision. De même quand Jasper se met à parler en Quechua, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde ! Car si une chose ressort bien des deux premiers tomes (pour le t.2, billet à suivre), c’est que les auteurs ne se prennent absolument pas au sérieux ! Cette série a pour l’instant la saveur d’une franche partie de rigolade entre deux bons copains et le lecteur partage allègrement leur joie. Et puis, j’ai eu l’impression aussi d’une œuvre très personnelle, que chacun y avait mis beaucoup de sa propre personnalité.

Univers simple donc, et de ce fait accessible à tous même aux novices, mais aussi bien structuré et bourré de références pour les amateurs du genre, dans les noms des rues et des établissements visités, par exemple. Et petit coup de cœur pour l’évocation des titres des livres présents dans la bibli de Jasper : Oui-Oui contre les vampires m’a achevée, mais je ne vous en dis pas plus pour les autres.

Vraiment un excellent début de série que je vous recommande chaudement ! Un seul regret, ce premier tome est vraiment beaucoup trop court ! Vite, vite, la suite!

Il s’agissait d’une LC, organisée par Ellana sur Livraddict. Voici les billets des autres participants: AnasthassiaEllana, Ewatoppno, Niënor, Sevmarguerite, DesirdelireDelcyfaro, SophieLJ, Gentiane, Luthien, Nanet, RevelineLaetiChOùuxxMimipouss, Bambi_slaughter, TheChouille

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KHADRA Yasmina, L’attentat

Résumé :

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l’hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d’origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l’attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d’urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s’agit de sa propre femme. Comment admettre l’impossible, comprendre l’inimaginable, découvrir qu’on a partagé, des années durant, la vie et l’intimité d’une personne dont on ignorait l’essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien…

Mon avis :

J’avais acheté ce bouquin, il y a plus d’un an, frappée par le titre, mais je n’avais jamais trouvé le courage de l’ouvrir…Sujet trop sensible…Du coup, lorsque Pimprenelle nous a proposé cette lecture commune libre sur Yasmina Khadra, j’ai sauté sur l’occasion, certaine que sans cela, il aurait bien dormi quelques mois/années de plus sur mes étagères.

Au final, cette lecture a été bien moins éprouvante que je ne le pensais, et une fois prise dans le récit, je l’ai littéralement dévoré, incapable de reposer mon bouquin. En revanche, rédiger ce billet me donne déjà beaucoup plus de mal, j’étais même prête à me défiler pour enterrer bien loin la catastrophe, l’oublier, et ne pas en risquer une nouvelle. C’est ridicule, mais cela m’a hanté, le timing était trop parfait même si je sais pertinemment qu’il ne s’agit que d’une coïncidence (quelques heures après avoir refermé cet ouvrage, alors que j’étais en cours, un colis piégé explosait en centre-ville, blessant et tuant pas mal de monde…)…Et puis, je me sens incapable de trouver les mots, m’exprimer sur ce sujet. C’est si complexe. Parler de ce livre, ce serait tenter de vous résumer en quelques lignes la vie, ici. Et c’est impossible, c’est pas quelque chose que l’on explique, que l’on décrit. On vit avec, on le connait, c’est tout.

Malgré tout, je veux tenter de rédiger ce billet, histoire de pouvoir réellement tourner la page derrière cette lecture et puis parce que j’ai quand même envie d’essayer de donner mon point de vue local. Plus je me relis et me corrige, moins ce que j’écris me semble clair…Alors désolée pour ce billet-brouillon.

J’ai d’abord été très surprise de voir à quel point la langue de l’auteur est soignée. Chaque mot est parfaitement choisi et employé. Yasmina Khadra a une grande richesse de vocabulaire. C’est techniquement absolument parfait et donne un rythme, une poésie, une douceur qui contrastent avec la dureté du récit et rendent par là-même ce dernier supportable.

J’ai aimé suivre le docteur Amine, son cheminement, ses interrogations. Je ne me suis pas vraiment attachée à lui, mais il m’a touché dans sa douleur, son incompréhension, sa lutte, son choix final. Je savais bien comment cela finirait, j’aurais voulu, comme ses amis, l’empêcher de choisir cette voie et en même temps, j’avais conscience qu’il n’avait pas vraiment le choix, qu’il avait besoin d’obéir à cette pulsion, toute déraisonnable qu’elle soit.

Mais malgré cela, ce roman me laisse assez mitigée, parce que trop de clichés, d’erreurs inondent par moments le récit, et c’est dommage, parce que cela fragilise beaucoup le message que nous laisse l’auteur. J’ai souvent râlé, soufflé contre tous ces petits éléments, parce que j’avais l’impression que l’auteur, souvent par simple méconnaissance, gâchait ce qui aurait pu être une œuvre géniale, nécessaire. Alors je sais bien qu’il s’agit d’un roman et non d’un témoignage, mais tout est si inscrit dans le réel que j’aurais aimé que tout soit juste. Je voulais que ce roman soit une véritable alternative aux moyens d’informations quant à tout ce qui se passe ici, qu’il explique aux gens ce qu’ils ne voient pas; je cherchais la vérité et au final, j’ai été déçue. Peut-être, sûrement même, que j’attendais beaucoup trop de ce roman, mais le sujet est tellement grave, complexe que je n’ai pas réussi à laisser de telles choses de côté. Parfois, c’est vraiment des détails tous bêtes mais je n’ai pas pu m’empêcher de réagir pour autant. J’attendais sans doute que Yasmina Khadra dise ce que je n’arrive pas à expliquer moi-même, lorsque l’on me questionne.

Bref, une lecture que je ne regrette vraiment pas, mais je ne pense pas pour autant relire cet auteur un jour. J’ai plutôt aimé, mais je ne ressens pas pour autant le besoin de vous le recommander absolument. Mais si le sujet vous intéresse, sachez que le bouquin est beaucoup moins dur qu’il n’y parait, et puis il est très court.

Pfff, j’ai finalement réussi à venir à bout de ce billet, je n’en suis pas forcément totalement satisfaite, mais au moins maintenant je peux passer à autre chose.

Les billets des autres participants :  Pimprenelle, Lasardine, Vero, Emeralda, Evilysangel, Accrobiblio, June, Depocheenpoche, Labib Dadi, Desmotsetdesnotes, Syl, Reveline, Sharon, Aproposdelivres, Tulisquoi, Laure, Pyrausta, Flof13, MrsPepys.

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SCHMITT Eric-Emmanuel, La part de l’autre

Résumé :

5 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l’Ecole des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde…

Mon avis :

C’est avec un mois de retard que je publie ce billet prévu pour une LC organisée par Mina sur Livraddict. Je suis vraiment désolée d’avoir trainé à ce point mais cette lecture a vraiment été laborieuse pour moi et il m’a fallu plus d’un mois pour en venir à bout. J’étais pourtant super enthousiaste à l’idée de découvrir ce tire, mais très vite je me suis retrouvée embourbée entre les pages et refermer enfin le livre a été un vrai soulagement.

J’étais pourtant très motivée, très curieuse. Depuis des années, le problème soulevé par le livre est une question que je me pose. Comment, pourquoi Hitler est il devenu Hitler ? Comment l’a-t-on laissé faire ? Comment a-t-il pu endormir le peuple à ce point ? Qu’aurait été le 20ème siècle sans lui à la tête de l’Allemagne ? Est-ce que l’on aurait pu l’éviter? Est-ce qu’une telle chose pourrait se reproduire et dans de telles proportions? Et je comptais sur ce livre pour y voir plus clair, pour obtenir des réponses. Mais je n’ai pas reçu de cette lecture ce que j’en attendais. Je n’ai reçu aucune réponse et cela m’a embêtée.

Pourtant, l’exercice très casse-gueule entrepris par E.E. Schmitt est franchement réussi, dans le sens où, la personnalité, le caractère du personnage central sont les mêmes dans les deux cas. Le récit est en cela très crédible et intéressant. Car on découvre bel et bien un seul personnage capable de partir dans deux voies opposées selon les circonstances et surtout le comportement qu’il choisira d’avoir face à ces circonstances. Car ce n’est pas tant l’échec ou la guerre qui ont fait de Hitler ce qu’il était, mais à chaque fois sa façon d’appréhender les évènements et de réagir par rapport à eux, de rejeter la vérité. Là encore, l’auteur évite la simplicité du hasard irresponsable. Ce sont les choix du personnage qui le construisent, dans un sens ou dans l’autre. J’ai juste regretté de ne pas avoir assez de connaissances historiques ou plutôt biographiques. Je m’interrogeais souvent sur ce qui était véridique et ce qui était du pur ajout littéraire. Et cela m’a pas mal empêchée de me laisser porter par le roman. Je n’arrivais pas à être touchée, tellement, je tentais de tout analyser de façon presque chirurgicale. Je devais comprendre et je refusais de voir le récit avancer dans une voie monstrueuse mais réelle. Je voulais comprendre pour stopper cette progression. 

Mais malgré cette réussite sur le plan technique, je me suis bien trop souvent ennuyée et ai trouvé de bien trop nombreuses longueurs à cet ouvrage. Hitler aussi bien que H. se révèlent être des personnages très médiocres, dénués de personnalité, faiblards et agaçants. Je pensais rencontrer un personnage détestable mais charismatique, exerçant une fascination malsaine qui aurait soulevé des vagues de haine et de colère en moi. Ca n’a pas été le cas, j’ai juste ressenti du mépris, de l’agacement pour se personnage que l’on a envie d’ignorer, d’envoyer bouler tellement il est creux. On n’arrive pas à le prendre au sérieux et même si c’est justement pour cette raison qu’il a réussi à s’immiscer dans le système politique, cela m’est profondément resté en travers de la gorge, parce que cela ne correspondait pas à ce que j’attendais jusqu’à ce que je lise le journal d’écriture de E.E. Schmitt, placé en fin d’ouvrage.Cet ajout s’est révélé passionnant et permet de comprendre la démarche de l’auteur, le processus de naissance de l’œuvre. On se rend compte du travail de titan fourni par Schmitt, mais aussi de tout ce que ce projet a pu bouleverser dans sa vie quotidienne, ses rapports avec son entourage. Et du coup, cela m’a aidé à appréhender le roman différemment. Si cela n’a pas effacé ma déception, j’ai quand même pu grâce à ces quelques pages faire évoluer mon jugement, me poser des questions, réfléchir de façon différente sur ce que je venais de lire. Il a répondu à pas mal de réflexions que je me faisais sur l’oeuvre et le personnage (la question du tabou, le choix de certains traits de caractère…) et a soulevé de nouvelles questions. j’ai aimé en particulier, le passage sur la couverture de cette version poche, volontairement dérangeante,, que le lecteur n’assume généralement pas. Je crois que cette ultime partie est indissociable du récit à proprement parler. 

Un passage en revanche m’a énormément plu. Celui où Hitler révèle la Solution Finale à Himmler. C’est vraiment fait de façon intelligente et intéressante. J’ai beaucoup aimé le procédé littéraire mis en place dans ce passage. Schmitt réussit à rendre l’évocation, la naissance du projet effroyable. C’est beaucoup plus fort que s’il nous avait directement montré son application. Ce passage est celui qui m’a le plus marquée de tout le livre.

Je me rends compte que mon billet est bien confus, limite contradictoire sur certains points mais le fait est qu’au final, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais je ne sais pas non plus dire ce que j’ai réellement pensé de ce livre. Autant le texte, en cours de lecture m’a bien souvent laissée indifférente, autant maintenant que le livre est reposé et a regagné mes étagères, je sais que je ne l’oublierai pas de sitôt. Etrange sensation…

Pour voir les billets des autres participants à la LC : Mina, Yumiko.


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ZUSAK Markus, The Book Thief

Résumé :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est- ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

Un roman où il est question : d’une fillette, de mots, d’un accordéoniste, de fanatiques, d’un boxeur juif, d’un certain nombre de vols… C’est la Mort elle-même qui raconte cette histoire et quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter !

Mon avis :

J’ai acheté ce livre à l’aéroport en juillet dernier, et après en avoir dévoré les 150 premières pages, je l’ai finalement abandonné sans bien savoir pourquoi. Manque de temps certes, mais pas seulement. C’est finalement la LC organisée par June qui m’a incitée à rouvrir ce roman inscrit dans mon challenge 26 livres/26 auteurs.

J’ai choisi de recommencer ma lecture en entier, même si je gardais un souvenir assez net des pages déjà lues. Et alors que je trouve de nombreux points positifs à ce roman, ma lecture fut assez laborieuse. J’étais incapable de lire de longs moments d’affilée. L’intrigue m’intéressait, le style me plaisait, mais je n’arrivais pas vraiment à rester concentrée sur cet ouvrage, et je n’étais jamais particulièrement curieuse de découvrir la suite. Ce qui explique sans doute que je l’ai si facilement abandonné cet été. J’ai tout de même beaucoup de mal à m’expliquer cela, parce que je ne vois pour l’instant rien de particulier à reprocher à ce roman. Peut-être que le rédaction de ce billet m’aidera à y voir plus clair.

J’ai tout d’abord particulièrement aimé le cadre de l’histoire. Si de nombreux ouvrages ont été publiés sur la seconde guerre mondiale, il est rare qu’ils nous présentent la vie quotidienne du peuple allemand. J’ai aimé découvrir ces habitants ni super-héros, ni monstres sans pitié. Ce sont tout simplement des hommes et des femmes, pris dans quelque chose qui les dépasse, qu’ils ne maîtrisent ni ne comprennent vraiment. Pour eux la guerre est quelque chose d’assez abstrait dont parlent les journaux. Le quotidien, c’est grandir, aimer, trouver à  manger malgré le rationnement, obéir au parti, ne pas faire de vagues pour rester en vie et protéger sa famille. Vivre, tout simplement Ils obéissent pour rester dans le cadre et parce qu’ils n’ont pas le choix. Chaque décision personnelle, même anodine, prend soudain des proportions dramatiques et si l’on admire les choix de certains, on n’arrive pour autant pas à vraiment détester les autres. Ils sont humains et veulent vivre, c’est tout ! Qu’aurions nous fait à leur place ? C’est facile de s’imaginer en héros, en « mec bien », mais est-ce vraiment réaliste ? Les circonstances, le passé de chacun ont  un rôle important à jouer sur ce point. Markus Zusak, réussit très bien à rendre l’absurdité de la situation, l’ignorance du peuple et les contraintes qu’il subit. On découvre une population allemande touchante et souffrant de la guerre, les parents voyant leurs enfants mourir au combat. L’antisémitisme est bien là, présent, insidieux au sein de la population, au détour d’une petite remarque, mais finalement pas plus qu’ailleurs à la même époque. Markus Zusak nous offre une vision de la guerre d’autant plus sombre qu’on est loin du manichéisme habituel lorsqu’il s’agit de traiter de ce sujet.

Au niveau de la forme, j’ai aimé la mise en page mettant en scène les diverses notes, remarques et digressions de la Mort, ainsi que les diverses créations des personnages. Cela donne un certain rythme, renforcé par un style fluide, des phrases parfois minimalistes et des paragraphes aux tonalités se répondant. Les mots allemands parsemés au fil du texte résonnent bien. Au final, l’ensemble coule presque comme de la musique. Le narrateur se permet des traits d’un cynisme qui tout en nous faisant sourire, lui permettent d’asséner des vérités terribles, plus marquantes que si elles étaient énoncées sur un ton neutre. On sent le ton doucereux et le sourire jaune derrière chaque tournure.

Quant à la question du narrateur, je suis assez indécise, j’ai trouvé cet aspect très irrégulier. Par moment, j’oubliais totalement son identité ; une espèce de « on me voit/on me voit plus », qui ne m’a pas particulièrement convaincue. Le jeu sur les couleurs apparait bien trop rarement, alors qu’il est sensé être une des caractéristiques  principales du regard que pose le narrateur sur le monde. De même, son caractère omniscient n’apparait que de trop rares fois à mon goût. Au final, je ressors plutôt mitigé, avec l’impression amère que  c’était plus un argument vendeur qu’autre chose.

Enfin, j’ai trouvé très étrange et plutôt maladroit cette façon d’énoncer de but en blanc les événements à venir en début de chaque partie ou chapitre, pour les développer par la suite. Cela casse le rythme de l’intrigue et l’effet de surprise ; c’est d’ailleurs  justement ce que souhaite le narrateur lui-même, comme il nous l’explique. Ce procédé intéressant au début m’a vite lassée,  et c’est peut-être bien là, l’élément qui a fait que je ne reste pas scotchée à mon bouquin et que je réussisse à l’abandonner sans scrupule pendant six mois. Il ne se passe pas déjà grand-chose au cours de ces 500 pages et chaque événement est énoncé d’avance, de sorte que j’ai eu une sensation de longueurs, de répétitions et que je me suis parfois profondément ennuyée. Alors certes, certains passages sont bouleversants, mais la plupart du temps je suis restée de marbre face au sort des personnages. Là encore, j’ai la sensation d’une grande inégalité et si cela n’avait tenu qu’à moi, le texte aurait subi de nombreuses coupes avant sa publication.

Bref, un ouvrage qui malgré de nombreux aspects positifs n’a pas su me convaincre entièrement et j’ai vécu la fin de ma lecture comme un véritable soulagement, même si les dernières pages sont particulièrement poignantes.

Mes camarades de LC : June, Paikanne, Florel, Jostein, Livrons-nous, Kristus.

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