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REY Sylvette, Le Ventre de la terre 1 : Le chant de l’arganier
Kayro, une jeune fille élevée comme un garçon a bien du mal à trouver sa place dans le village ou elle est né et a grandi. Alors, elle part déguisée en garçon et fini par s’installer pour quelques temps dans un village aux coutumes bien différentes des siennes. Là elle apprendra enfin à s’accepter tel qu’elle est femme mais certainement pas soumise. Et il se pourrait bien qu’elle ne soit pas la seule transformée au cours de ce voyage initiatique…
Mon avis :
Au bout de quelques mois d’inscription sur le site, voici le premier manuscrit reçu, sans que je m’y attende le moins du monde, de la part des Nouveaux auteurs. Bien que l’ayant reçu et lu en février, je ne publie mon billet que maintenant, car le livre concourait pour le prix Femme Actuelle du roman de l’été. Et aucun avis à son sujet ne devait filtrer avant la parution des résultats.
En dehors, des genres cochés sur notre profil, je ne sais pas bien comment les titres sont attribués, mais si c’est le hasard, celui-ci ne pouvait pas faire mieux les choses ! Pourtant, en l’absence de résumé, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, et même au bout de quelques chapitres, je ne savais vraiment pas vers quoi je me dirigeais…Le seul indice étant la mention « fantastique » sur la couv’…mais c’est un indice bien mince d’autant plus que je n’ai finalement vu aucun aspect fantastique dans cette histoire… On pourrait à la rigueur d’avantage parler de fantasy… et encore…Ca n’est pas vraiment cela non plus…
J’ai donc accroché dès les premières lignes, cherchant tous les indices qui me permettraient d’identifier par déduction/élimination et avec précision le lieu et le temps de ce décor mis en place par l’auteur et évoquant si fortement mon univers universitaire. J’ai très vite identifié le néolithique, PPNB ou PN, avant que mes déductions ne me reportent vers l’âge du Bronze, malgré quelques incohérences. Les maisons sont typiquement PPNB, de même que la domestication du chien (qui a en fait commencé dès la fin de l’épipaléolithique) ou les outils de pierre décrits. Mais la bière d’orge et les métaux sont typiquement âge du Bronze (quoique la charrue à soc de métal décrite me semble dans ce cas un énorme anachronisme)…
Quant au lieu…mmm pas évident non plus…Ce fameux Fleuve pourrait être le Nil, mais je ne crois pas…Je vois plus le Tigre ou l’Euphrate, tant d’éléments pointent dans cette direction… Par moments, j’avais tellement l’impression de reconnaitre Catal Höyük dans le village de Shaa’n (architecture, peintures murales,… tout est là)… mais alors le maïs n’a pas grand-chose à faire sur place ni l’arganier… Peut-être tout simplement qu’il n’y avait rien à identifier de particulier, et que je suis simplement particulièrement névrosée mais c’était plus fort que moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’observer et d’analyser ce récit avec mon regard de préhistorienne, et malgré ces quelques « erreurs », j’ai adoré ce choix d’époque qui me parle tout particulièrement. Je me suis sentie dans mon élément et le voir rendu de façon si vivante m’a mis des étoiles plein les yeux et m’a permis de pardonner toutes ces petites erreurs qu’en grande râleuse professionnelle, je n’ai tout de même pas pu m’empêcher de relever.
En dehors de cela, Sylvette Rey a une plume assez affirmée et maintient un bon équilibre entre dialogues et les descriptions détaillées. Tout se met réellement en place au fil des pages. Ces longues descriptions sont d’autant plus plaisantes que l’on découvre tout à travers le regard curieux de l’héroïne. Comme elle, on s’émerveille, s’étonne et s’indigne tour à tour. Comme elle on cherche à comprendre le fonctionnement de cette communauté qui semble avoir des pratiques bien étranges. C’est vraiment très intéressant de découvrir tout cela comme un étranger propulsé dans ce village qui n’a aucune idée de ce à quoi il assiste.
Le seul truc que l’on pourrait reprocher à ce récit, c’est une certaine lenteur et un léger manque d’action, mais en fait, ça ne m’a pas du tout gênée ici. Ca n’est pas l’objet de ce texte. Kayro grandit et découvre le monde, c’est un processus qui demande du temps. Et même si on ne peut pas parler d’action à proprement parler, il se passe quand même suffisamment de choses en elle, dans l’évolution de sa vision du monde et de son identité, il y a tant à découvrir sur ce village aux traditions étranges, qu’on ne s’ennuie pas un instant.
Et puis Kayro est un personnage qui m’a énormément plu. J’ai aimé cette jeune fille-garçon comme elle se décrit, ses choix, sa vision de sa condition. Elle évolue cependant et se découvre femme, et même si je ne m’y suis pas reconnue, j’ai bien aimé la façon dont survient ce changement progressif. La vision de la femme donnée est aussi intéressante (même si pour ma part, je préfère m’en tenir à l’asexuel fille-garçon). J’ai aimé ce côté assez primitif, proche de la nature bien loin du côté « chienne de garde » que je redoutais et qui n’aurait rien eu à faire ici. Et puis elle garde malgré tout sa force de caractère, son envie de faire bouger les choses. Elle ne devient pas non plus subitement une greluche écervelée, totalement soumise à l’amour ou aux lois règlementant sa condition.
Seul bémol, les assez nombreuses coquilles, et le manque d’aération global du texte. Aucun retour à la ligne, aucun saut de ligne, en dehors des dialogues. C’est assez désagréable, mais j’imagine que tout cela disparaitra si le titre vient à être imprimé. J’avoue aussi avoir légèrement tiqué au début, en découvrant que le récit était au présent…mais finalement, ça passe très bien.
Enfn, gros point positif, s’il s’agit d’après la couverture du premier tome d’une série, on peut tout à fait s’en arrêter là sans aucune frustration. Je craignais vraiment de me retrouver stoppée net en plein élan, sas certitude de pouvoir me procurer la suite un jour. Si celle-ci vient à paraitre, je la lirais avec grand plaisir, mais je suis aussi satisfaite de cette fin.
Bref, un roman assez différent de ce que je peux avoir l’habitude de lire mais qui a vraiment su me convaincre par l’originalité de son univers (il m’aurait clairemen beaucoup moins touché sans cela) qui me correspond si bien et l’évolution de son héroïne.
Ajout mai: Billet rédigé en février donc. Rien à ajouter au moment de le mettre en ligne. Ah si: faut que j’arrête de tout analyser/déduire/rationnaliser/archéologiser. Mais c’est plus fort que moi. Pas de publication par les Nouveaux Auteurs pour ce titre visiblement: donc pas de suite non plus :/
Mauricet, Une bien belle nuance de rouge 1 : Garance
A 16 ans, Garance est une ado mal dans ses Converse. Comme beaucoup de filles de son âge, elle se trouve trop grosse et moche. Orpheline de mère, Garance a vécu ce décès comme un abandon, d’autant que les absences répétées et le manque d’affection de son père n’ont fait qu’aggraver son traumatisme. Heureusement qu’il y a l’obscurité, la nuit… Ces ténèbres rassurantes et fascinantes dans lesquelles elle peut se blottir et trouver refuge. C’est ainsi qu’un soir, Garance fait la rencontre d’Ambroise, un personnage sans âge, étrange et troublant, qui ne la laisse pas insensible…
Mon avis :
Si je ne me trompe pas, il s’agit seulement de la deuxième bande-dessinée que je chronique ici. En effet, je ne suis pas vraiment une habituée de ce support littéraire ; c’est d’ailleurs pourquoi j’ai sauté sur l’occasion lors de la dernière Masse Critique, histoire de bousculer un peu mes petites habitudes.
J’ai finalement opté pour ce titre, je dois bien le dire attirée par le qualificatif « gothique » employé pour présenter cette série. Au final, je suis un peu embarrassée au moment de vous parler de mon ressenti sur cette lecture…En effet autant certains aspects m’ont beaucoup plu, autant d’autres ne m’ont vraiment pas convaincue…Bref, je vais essayer de mettre un peu d’ordre dans ce fouillis d’idée, en espérant que cela me permettra d’y voir plus clair moi-même.
J’ai donc été attirée par ce fameux qualificatif de gothique, me demandant ce que l’auteur pouvait bien entendre par ce terme…Au final, si certains aspects de son traitement m’ont plu, j’ai globalement été très agacée par l’accumulation de clichés sur le sujet… Nous avons donc affaire à une héroïne adolescente et mal dans sa peau suite à la mort de sa mère. Elle trouve refuge dans le mouvement gothique que lui a présenté une amie qui lui sert également d’amante à l’occasion (une ou deux scène assez évocatrices ; je préviens au cas où pour les âmes sensibles): tenues excentriques et sombres, promenades la nuit dans de sombres cimetières (bon, ça j’avoue je le fais aussi, et j’envisage de gagner ma vie en exhumant des squelettes, huh..), flirt avec de sombres et mystérieux inconnus d’âge mûr, goût pour les romans sombres et beaux, sombres cauchemars hallucinants, tatouages, piercing, termes vaguement « techniques » genre je sais vraiment de quoi je parle, chats aux noms de divinités païennes, alcool à profusion, tendances suicidaires… Vraiment tous les clichés imaginables et même ceux que l’on n’aurait pas imaginés sont là ; et si j’ai tant insisté sur le mot sombre, c’est que l’héroïne elle-même passe son temps à le faire, voulant prouver à tout le monde (histoire de bien pourrir la vie à son père au passage) comment elle est trop dark, quoi !
Je n’ai pas non plus aimé la façon dont elle s’exprime. C’est très familier, parfois un poil vulgaire, se voulant sans doute très oral. Cela aurait pu passer, mais le problème est que bien souvent cela sonnait faux à mes oreilles. Je n’ai pas l’impression que les ados s’expriment comme ça au quotidien, même si cela fait des années que je n’ai pas conversé avec l’un d’entre eux…Je trouve aussi que pour quelqu’un d’aussi mal dans sa peau et torturé, Garance a quand même un sacré aplomb face aux adultes, et j’ai souvent pensé qu’elle méritait d’être remise à sa place…C’est juste une sale ado pas plus torturée que moi !
Bref, vous l’avez compris, l’héroïne et moi n’avons malheureusement pas du tout accroché…. D’autant plus que mademoiselle est fan de Dracula, sans avoir visiblement pris la peine de lire le roman de Stoker…(Mr Coppola vous nous avez bien pourri le truc sur ce coup là, pas merci). Et c’est bien dommage parce qu’en dehors de ça, j’ai vraiment aimé tout un tas de petites choses dans cet ouvrage.
A commencer par les nombreuses citations du Rouge et le Noir qui émaillent le texte. Ce roman a été une lecture phare de mon année de 4ème et j’étais contente de le recroiser ainsi employé. Il y a également tout un tas d’autres références culturelles qui m’ont bien parlé : de Alice au pays des merveilles à la Famille Adams (lorsque l’on découvre Garance enfant), en passant par Gary Oldman, il n’y a pas de doute, j’étais en terrain connu. De même pour les références musicales. La seule évocation qui a manqué de me faire m’étrangler est celle de Twilight et Robert Pattinson…qui n’avaient vraiment pas grand-chose à faire ici, au milieu du reste…à part rendre l’héroïne encore un peu plus ridicule et insupportable à mes yeux.
Sur le plan graphique, j’ai apprécié que pour une fois, l’on ait droit à une héroïne ronde et ordinaire, qui ne soit pas un canon de beauté anorexique. J’ai aussi beaucoup aimé ce travail sur deux couleurs : rouge et noir, et le trait parfois agressif, mettant en avant des gros plans parfois disgracieux. L’ensemble a quelque chose d’un peu violent et dérangeant qui représente bien le mal-être ressenti par l’héroïne.
Enfin, certains thèmes m’ont plu : les statues qui parlent, cette difficulté à démêler la réalité du cauchemar et du fantasme éveillé. Tout cela existe sur le même plan pour l’héroïne et c’est intéressant à observer. De même, que j’ai esquissé un sourire, en découvrant sa peur de finir découpée en morceaux au fond d’une cave. J’ai toujours dit que vu mes goûts en matière d’hommes, si je disparaissais un jour, c’est ainsi que l’on me retrouverait. Alors, découvrir cette réflexion dans la bouche d’une héroïne de BD, était assez « sympathique », si je puis dire. Mais c’est vraiment le seul point commun que je me suis trouvé avec elle. Car la plupart du temps, je l’ai malheureusement trouvée bien cruche, immature et inculte…
Bref, que dire au final? Tout simplement, que si ni Garance ni ses (non)aventures ne m’ont fascinée; j’ai quand même découvert un univers graphique qui me plait plutôt bien. Je suis presque certaine de ne pas lire la suite de cette série, mais, en revanche, j’irais bien jeter un œil aux autres travaux de Mauricet, voir si quelque chose d’autre pourrait mieux me correspondre.
Merci à
et aux éditions
THIRY Pierre, Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-mines
A cette époque, Montceau-les-Mines était bien différent d’aujourd’hui. — Oui, on sait déjà tout ça !!! répondrez-vous. C’était la campagne, il n’y avait personne à part quelques lapins, il ne se passait rien du tout… Ce n’est pas si simple, il se passait même bien des choses. Il y avait Arthur, Theobald et Justin, il y avait aussi la belle Ermelinde, il y avait encore… Isidore, il y avait enfin… Mais je ne vais pas vous raconter toute l’histoire maintenant, il faut aussi ouvrir le livre et lire Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines alors vous apprendrez des choses qui vous étonneront peut-être.
Mon avis :
Il y a quelques temps, M. Thiry me contactait pour me proposer de m’envoyer son livre. J’étais ravie car je me souvenais que Meli avait beaucoup apprécié ses deux lectures de l’auteur. Quelques jours après cet échange de messages, me voici en possession de ce volume au titre plutôt intrigant. Sitôt reçu, sitôt dévoré ! En revanche, j’ai mis quelques jours à me motiver pour rédiger mon billet, hum…
Le titre le laissait supposer, l’histoire est totalement farfelue, à la limite de l’absurde par moments, et pourtant tout fonctionne bien, avec sa propre logique interne si je puis dire. Lorsqu’on part dans l’absurde, la difficulté est de trouver une conclusion capable de vraiment refermer l’histoire. Dans notre cas, Pierre Thiry s’en sort très bien, en usant des ressorts familiers du conte pour cette fale autour du temps.
En effet, on retrouve bien le grand méchant ogre, cette fois-ci mi gorille/mi crocodile qui avale tout crus d’innocents petits lapins (et là j’ai réalisé à quel point les contes de notre enfance pouvaient être terribles ! ) avant que ceux-ci ne soient délivrés d’une bien étrange façon. Mais cela, je vous laisse le découvrir ! On retrouve également le rythme des trois héros, dotés chacun d’une caractéristique particulière guidant leur choix et la petite morale que cela entraine.
Un élémet qui m’a surprise, même si j’en avais entendu parler et qui m’a beaucoup plu réside dans les nombreuses références littéraires, de Marcel Proust au Cid en passant par La Fontaine. J’ai aimé retrouver aussi un petit goût de Georges Chaulet dans ce monde totalement farfelu où les jeux de mots sont si présents. Dans ce dernier cas, je ne sais pas si la référence est directement voulue, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti au cours de ma lecture. Et comme Georges Chaulet est mon auteur jeunesse préféré, autant vous dire que j’étais aux anges !
Pierre Thiry a vraiment réussi à m’embarquer dans son univers en quelques pages et à me convaincre de la réalité de l’histoire qu’il nous raconte, toute délirante qu’elle soit. A tel point que je suis même allée me renseigner sur cette fameuse ville de Montceau-les-mines, par curiosité. Autant vous dire que je préfère les explications de Pierre Thiry; d’ailleurs j’adore l’explication de l’origine de ce toponyme, donnée dans le conte. Juste pour le plaisir, une petite citation qui m’est revenue à l’esprit au moment de ma lecture : I’m not crazy my reality is just different than yours.
Seules les illustrations (de Myriam Saci) ne m’ont pas toutes totalement convaincues. Elles sont très colorées et ont un côté naïf qui plaira sans doute aux plus jeunes, mais je reconnais que pour ma part, je suis malheureusement un peu passée à côté.
Bref, un conte drôle, et intelligent, bourré de références qui ne pourront que plaire aux plus grands tandis que les plus jeunes se contenteront de s’émerveiller devant cette fabuleuse histoire. Décidément je devrais lire des contes plus souvent ! Pierre Thiry développe un univers assez particulier, dans lequel je me suis très rapidement sentie à l’aise. N’hésitez pas à vous laisser entrainer à votre tour !
D’autres avis : Meli, Wilhelmina, Delph,Pityfleur, Luthien, Lanyla, Hylyirio et bien d’autres.
Merci beaucoup à Pierre Thiry pour son conte et la chouette dédicace l’accompagnant !
Visiter le site de l’auteur et découvrir où acheter le livre.
LEVET Natacha, Sherlock Holmes de Baker Street au grand écran
Né de l’imagination d’Arthur Conon Doyle en 1887, le locataire du 221b Baker Street est devenu une figure mythique tant le personnage a connu de transformations et d’avatars littéraire, hantant le théâtre, la BD et les jeux vidéos. Surhomme détective, il représente l’avènement de l’enquêteur scientifique, dans un genre littéraire, le policier, alors en plein essor. Figure mythique, ce héros typiquement britannique suscite un engouement mondial et est perçu comme une personne réelle par nombre de lecteurs. Comment des exploits parviennent à écraser et évincer son créateur, devenu le simple agent littéraire du Dr Watson ? Qu’est-ce que la science de l’holmésologie ? Quel rôle a joué l’effet Watson dans ce succès ? Et en quoi le Dr House en est-il un avatar contemporain ?
Mon avis :
La dernière édition de l’opération Masse Critique a eu lieu alors que j’étais en pleine déprime post-Reichenbach (merci la BBC !). C’est donc tout naturellement que mon choix s’était porté vers les deux titres holmésiens de la sélection : un roman et ce titre. Quelques jours plus tard, j’apprenais avec plaisir que le hasard m’avait attribué l’un de mes deux choix. Un grand merci à Babélio et aux éditions autrement.
Pour commencer, je dois dire que j’ai été très agréablement surprise par cet ouvrage ! En effet, le titre et l’illustration de couverture, un brin racoleurs, m’avaient laissé imaginer un guide assez superficiel, surfant sur la vague commerciale du succès récent des films et de la série télé. Je m’attendais à une lecture pas franchement édifiante, mais sympathique, récréative.
Alors qu’en fait, on découvre au fil des pages un essai sérieux, documenté et construit, nourri de nombreuses citations, passionnant enfin ! J’ai tout particulièrement aimé les très nombreuses anecdotes, références et renvois et je n’ai pas pu m’empêcher de prendre tout un tas de notes en cours de lecture et de griffonner dans mon livre, ce qui ne m’arrive pourtant jamais habituellement !
Le seul bémol serait le caractère parfois un peu répétitif de certaines tournures et énumérations, et le côté un peu figé de l’ensemble, voulus par la forme (et une erreur dans les dates de diffusion de la S2 de Sherlock). Revers de la médaille de ce côté scientifique et analytique très appréciable, j’aurais par moment aimé sentir un peu plus de passion chez l’auteur. Cela dit, l’ensemble est quand même très fluide et j’ai englouti le livre en une journée.
Un autre point un peu « embêtant », réside dans la présence assez récurrente de spoilers sur les diverses intrigues. Heureusement, ils sont généralement assez bien annoncés, du coup on a la possibilité de simplement sauter les lignes en question, histoire de se préserver de ces fâcheuses révélations.
Enfin un dernier truc qui m’a un poil gênée, puisque j’en suis à émettre des critiques, c’est que l’auteur se base sur des traductions auxquelles je ne suis pas habituée, et du coup certains titres de nouvelles et citations ont sonné bizarrement à mon oreille. Mais c’est un détail.
Parce qu’en dehors de cela, j’ai vraiment adoré ma lecture, et contrairement à ce que suggère le titre, le grand écran n’occupe finalement qu’un bref chapitre en extrême fin d’ouvrage. au même titre que les adaptations télévisées, scéniques ou radiophoniques. L’accent est en effet très largement mis (pour mon plus grand plaisir) sur la création du personnage par Conan Doyle et ses nombreuses vies de papier : canon, pastiches, parodies, plagiats, adaptations graphiques…
L’autre thème majeur de l’ouvrage étant le rapport du public au fil des années, au personnage que représente Sherlock Holmes, et j’avoue que j’ai beaucoup aimé lire la réaction du public londonien à la publication du Dernier Problème, découvrir quelques évocations des lettres envoyées au 221B par ce même public…Peut-être plus que n’importe quel autre personnage de fiction, Sherlock Holmes est terriblement vivant, et l’ouvrage en rend bien compte. Et c’est cela qui est terriblement chouette, on réalise à la lecture de cet essai que Sherlock est toujours là, partout dans notre quotidien, au détour d’une allusion ou d’une citation.
Bref, un ouvrage passionnant qui m’a appris beaucoup de petits détails sympathiques, et bourré de références, d’anecdotes qui donnent envie d’aller plus loin. Ne vous fiez pas à sa couverture, bref mais complet, c’est vraiment un ouvrage qui me servira de référence désormais !
Au fil de mes griffonnages, il m’est apparu comme évidente la nécessité de faire voyager ce petit bouquin. Je pense tout particulièrement aux membres de la SSHD pour cela, mais tous les habitués de ce blog sont les bienvenus bien sûr. Inscrivez-vous ici puis lisez, commentez, griffonez…J’aimerai que lorsque je récupèrerais mon livre, d’ici quelques mois, quand je serais rentrée en France, il porte la trace de tous les lecteurs chez qui il aura voyagé.
Etapes du voyage : Matilda, Sara, Niki ?
Merci à
Et aux éditions
NICOLOFF Loïc, & BORY, Chloé and the Dark Light
Chloé vient de gagner le concours de ses rêves : elle part en tournée avec les Dark Light, son groupe de musique préféré. Avec sa meilleure amie Emma, elles vont vivre au rythme des concerts, et fréquenter leurs idoles. En découvrant la vie quotidienne des stars, elles vont bien vite s’apercevoir que tout n’est pas rose. Le groupe recoit des lettres de menace et les incidents se succèdent sur la tournée. Chloé, bien déterminée à éviter le pire, amasse les indices et mène son enquête : coupures de presse, analyse médicale, contrat, lettres de menaces… Tous ces éléments lui suffiront-il à comprendre ce qui se trame ?
Et vous, auriez-vous su protéger le groupe ?
Mon avis :
Il y a quelques semaines, les éditions Soleil me faisaient part de leurs nouveautés, et suite à mon intérêt pour la collection Sn00p Book, Bénédicte de ladite maison d’éditions me proposait de m’envoyer gracieusement, Chloé and the Dark Light, afin que je puisse découvrir ce nouveau format de « livre dont vous êtes le héros. » Un grand merci à elle pour cette délicate attention.
Bilan, si j’ai quelques reproches à formuler au sujet de l’intrigue, je suis en revanche totalement fan de ce nouveau format de livre.
Déjà, l’objet en lui-même est super beau, super soigné. Une couverture en carton épais, qui se referme au moyen d’un ruban comme un

Un petit apperçu de la chose, provenant du DeviantArt de l'illustratice, je vous en reparle un peu plus loin.
véritable journal intime, abrite donc le récit ainsi que tous les indices nécessaires à la résolution de l’intrigue. Les indices sont de nature variée et très interactifs : documents à reconstituer, sites webs à vérifier, on peut même contacter un des personnages par mail… C’est très rigolo. Et surtout, je suis admirative du soin apporté à l’ensemble : les coupures de presse sont imprimées sur du vrai papier journal, les notes récupérées au fond d’une corbeille à papier sont réellement froissées…Aucun détail n’est laissé au hasard, et pourtant, je cherchais la petite bête ! Un ruban marque-page est également inséré. C’est vraiment un superbe objet et qui reste costaud malgré tous ces éléments inhabituels. J’ai aussi beaucoup aimé que la forme journal intime soit respectée, avec l’adjonction de post-its, les éléments soulignés, les petits dessins… Le résultat est vraiment super réaliste ! Seul bémol, le texte n’est pas justifié (pour pousser le réalisme jusqu’au bout ?) et j’avoue que cela m’a un poil chagrinée (mais je suis une râleuse professionnelle.)
En revanche, l’intrigue, ou plutôt son univers, m’a un petit peu moins convaincue. Parce qu’en fait, l’intrigue en elle-même est bien sympathique, plaisante à résoudre, ni trop évidente ni trop compliquée. Mais j’avoue m’être sentie parfois un peu trop vieille pour suivre les péripéties de notre héroïne. C’est une ado-e typique, dans laquelle les lectrices à qui sont destinées cet ouvrage se reconnaitront sans doute, mais pour ma part, je me suis bien souvent sentie éloignée de ses préoccupations (quoique je doute jamais avoir eu les mêmes, mais c’est un autre débat). Cela-dit, remis dans le bon contexte, l’ensemble est plutôt bien dosé, avec une joli part de rêve, sans non plus être trop niais. Le comportement des personnages bien que ceux-ci soient assez archétipaux, semble actuel, crédible, réaliste une fois de plus. Et puis, malgré tout, l’ambiance “concert” est bien rendue et agréable à retrouver et malgré mes râleries, je dois avouer que cet univers adolescent m’a souvent fait sourire.
Du côté des illustrations, elles sont colorées et vraiment jolies, dans un style très “manga” qui devrait ravir les lectrices et qui colle bien aux personnages et au cadre de l’histoire. Certains membres des Dark Light sont même tout à fait charmants ^^. Vous pouvez d’ailleurs découvrir l’univers de Bory (l’illustratrice, donc) sur son DeviantArt.
Mention spéciale pour Arachnée et ses commentaires désopilants qui n’ont pas manqué de me faire ricaner. Ce « personnage » supplémentaire, vif et mordant, donne beaucoup de dynamisme à l’histoire !
Enfin, pour ce qui est de la résolution du mystère, une fois tous les indices analysés et les conclusions menées, il ne reste plus qu’à décacheter les dernières pages afin de découvrir les derniers chapitres mettant en scène cette résolution. Il s’agit en effet d’une véritable fin, rédigée dans le ton général de l’oeuvre, et non d’une simple solution. Au fait, pour le scénario, c’est Loïc Nicoloff qui est aux commandes.
Bref, une collection très chouette, très travaillée (il y a longtemps que je n’avais pas manipulé un ouvrage aussi soigné, vraiment !) et qui propose pour l’instant 3 titres aux genres très variés, afin que chacun y trouve son bonheur. En outre, chaque titre a été illustré par un artiste différent et possède donc un univers propre. Il est évident que je compte à tout prix me procurer les deux autres.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les Sn00p books, je vous invite à visiter cette page.
D’autres avis : Amadis, Platinegirl, Alittlematterwhatever.
Merci à Bénédicte des éditions
















